Le Meilleur d’avril

Que s’est-il passé pour moi en ce mois d’avril ?

Sur les chantiers il ne s’est pas passé grand chose du fait du confinement. Je n’ai pu reprendre le chemin des chantiers qu’à la fin du mois. Et encore, je n’ai fait que de courtes visites de contrôle avant que les entreprises ne reviennent poursuivre les travaux.  

J’ai par contre eu du temps pour approfondir certains sujets et tester de nouvelles choses à titre personnel. Vous pouvez retrouver une partie de ces recherches dans la sérié d’articles “Faire soi-même…” publiée au cours du mois :

Pour le reste, je vous en parle juste après.

Voici donc un nouvel article de la série “Le Meilleur de…” où je partage chaque mois les sujets, ressources et astuces que j’expérimente en ce moment.  

C’est parti pour le Meilleur d’avril !

La personne qui m’intéresse

  • Rob Hopkins

Rob Hopkins est un enseignant britannique en permaculture et en écoconstruction, connu pour être l’initiateur du réseau international des Villes en Transition.

Face aux enjeux liés au réchauffement climatique, ce mouvement promeut les initiatives citoyennes pour rompre avec les énergies fossiles, développer un nouveau modèle de consommation et de vivre ensemble. Il se définit ainsi :

La Transition est un mouvement qui naît en 2005 et ne cesse de prendre
l’ampleur. Il est composé de citoyens qui ont décidé d’agir au niveau local pour répondre aux défis majeurs de notre époque. En se rassemblant, ils parviennent à inventer des solutions. Ils favorisent une culture de solidarité qui prend soin de l’individu, du groupe et de la nature. Ils se réapproprient l’économie, stimulent l’entrepreneuriat, réimaginent le travail, apprennent de nouvelles compétences et tissent des toiles de liens et de soutien. Leurs débats sont courageux, les changements qu’ils génèrent sont extraordinaires.” – extrait du Guide Essentiel de la Transition

Il place la résilience au cœur de la réflexion. La résilience est pour lui plus pertinente que la durabilité. Elle questionne plus profondément l’état des choses et notre capacité à réagir face à un événement imprévu. Il prône également l’imagination, la créativité, l’inventivité comme moteur essentiel de la transition. 

Ce que je trouve également intéressant c’est qu’il met le-la citoyen-ne au centre du processus et donc comme partie intégrante de la solution. Il sait que c’est de là que viendra le changement (la révolution ?) qui s’impose (comme cela a toujours été le cas au cours de l’Histoire lorsqu’il a fallu réinventer nos sociétés).  

Il alerte néanmoins sur le fait que la période des “petits pas” est révolue. Et qu’il faut désormais être courageux-se, audacieux-se voire même radical-e pour faire face à l’urgence climatique. Malgré tout il dégage un certain optimisme grâce notamment sa communication bienveillante et sa conviction en la force de l’action, chacun à notre échelle, mais tous ensemble. 

Aujourd’hui le mouvement des Villes en Transition est porté par plus de 2000 groupes dans 50 pays. Vous voulez créer un groupe dans votre commune 😉 ?

Pour en savoir plus sur Rob Hopkins :

La leçon de chantier

  • L’isolation acoustique durable et solidaire à base de textile recyclé 

Sur les chantiers de rénovation en ville, il est courant d’avoir à traiter des problématiques d’isolation phonique. Les parois mitoyennes existantes sont en effet rarement performantes vis-à-vis de l’atténuation des bruits aériens et solidiens (chocs).

Alors quand c’est le cas et que les travaux le permettent, je conseille de réaliser un doublage acoustique à l’aide de l’isolant Métisse M+ Le Relais.

Cet isolant est vraiment intéressant. Il est spécialement conçu pour l’atténuation acoustique et possède également une bonne performance thermique (λ = 0,039 m².K/W). Ce qui le distingue d’une laine minérale classique est aussi sa composition à base de coton recyclé. Le coton provient des vêtements usagés déposés dans les bornes Le Relais que l’on voit un peu partout autour de chez nous. C’est un process de fabrication local (l’usine est dans le nord de la France) et qui favorise les circuits courts. De plus, Le Relais est une entreprise solidaire membre d’Emmaüs France, qui agit pour l’insertion des personnes en situation d’exclusion.  

Les lecteurs de cet article ont également lu :  Placo : comment faire autrement (et mieux) ?

L’isolant a obtenu le “Label Produit Biosourcé – Filière Française” et est simple à mettre en oeuvre (il se présente sous forme de panneaux, de rouleaux ou en vrac). Il est sain pour la personne qui le manipule (le taux de TCOV est inférieur à la limite de détection de 2 μg/m³), et économique (5 € HT / m² pour une épaisseur de 50 mm). Pour toutes ces raisons c’est un produit que j’aime bien préconiser sur mes chantiers. 

Isolation biosourcée à base de coton recyclé

Isolant acoustique et thermique Le Relais Métisse M+

L’outil que j’utilise

  • L’application de suivi du temps Toggl

Si vous travaillez sur plusieurs projets, chantiers, tâches, vous avez peut-être besoin comme moi de savoir combien de temps vous passez sur chacune de ces occupations. Pour moi en tout cas c’est très important d’avoir ces informations afin d’améliorer ma productivité, mon efficacité et mon planning

Pour cela j’utilise l’outil Toggl (en version gratuite). Il s’agit d’une application (synchronisée sur mon mobile et sur mon ordinateur) qui comptabilise le temps que je passe sur une tâche. C’est en fait le principe tout simple d’un minuteur. La différence c’est que je peux affecter le temps à un projet, à une tâche ou une sous-tâche prédéfinie. Toggl compile ensuite les temps passés par entrée dans des rapports (hebdomadaires, mensuels, annuels…). Ainsi je sais par exemple qu’il me faut en moyenne 5h30 pour écrire un article sur le blog (et oui, c’est du boulot 😉!).  

Le livre du mois

J’ai bien aimé ce livre qui met des mots sur ce que je pressens depuis quelques temps déjà. Il s’inscrit dans une dynamique proche de celle poursuivie par Rob Hopkins donc j’ai pensé que c’était cohérent d’en parler dans cet article.  

Delphine Batho (ancienne ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie) commence son ouvrage ainsi :

Nous sommes toutes et tous des Terriennes et des Terriens. Par delà nos mille et une différences, […] c’est notre condition commune. Le présent manifeste est un hymne à la vie sur Terre, à l’amour de la Nature et au respect des conditions d’existence des humains. L’enjeu de conserver une planète habitable pour l’humanité supplante en effet désormais tous les autres. L’écologie est devenue une question de vie ou de mort. 

Elle y décrit donc cette pensée qu’est l’écologie intégrale démocratique. L’idée est de changer profondément de stratégie politique et de modèle économique actuel. Ce dernier, basé sur la croissance du PIB, a apporté il est vrai au cours des Trente Glorieuses une augmentation du bien-être, l’espoir du plein-emploi et la réduction des inégalités. Mais force est de constater qu’il ne fonctionne plus et détruit désormais inévitablement les ressources, la biodiversité et plus largement les conditions de vie sur Terre. Elle rappelle ainsi que la croissance ne profite maintenant qu’aux plus riches. Et que cette accumulation de richesses n’est en fait qu’un pouvoir de destruction supplémentaire sur la Nature par rapport aux autres. Elle cite quelques exemples concrets :

  • Les 10% les plus riches sont responsables de 50% des émissions de gaz à effet de serre.
  • Le nombre de pays pauvres a doublé depuis 1971.
  • Huit individus détiennent autant de richesses que les 3,6 milliards les plus pauvres.
  • 75% des insectes volants a disparu en vingt-sept ans.
  • Les populations de vertébrés sauvages ont chuté de 60% entre 1970 et 2014.
  • Les coûts des événements climatiques extrêmes a explosé aux États-Unis ces dernières années : passant de 3 milliards de dollars par an en moyenne dans les années 1980 à 20 milliards entre 2000 et 2010 puis à 180 milliards en 2017 pour le seul cyclone Harvey.

Au-delà de ces chiffres, elle alerte sur le fait que la compétition entre nations, les déstabilisations géopolitiques liées à l’accès aux ressources vitales et au caractère habitable des territoires, sont “une machine à fabriquer des haines, des peurs, qui sont le terreau du fascisme. Alors nous n’avons pas d’échappatoire à ce choix binaire : l‘écologie ou la barbarie”.   

Changer de modèle devient alors inévitable. Un modèle dans lequel le respect de la Nature et du vivant doivent être au centre des décisions. Car aujourd’hui celui basé sur la croissance est voué à détruire notre environnement. Ainsi l‘augmentation du PIB est totalement dépendante de la consommation d’énergie et de ressources, et passe sous silence la destruction du “capital” naturel qui en découle.   

Les lecteurs de cet article ont également lu :  Le Meilleur de janvier

L’écologie intégrale pose 3 questions essentielles avant toute prise de décision :

  • Est-elle bénéfique, neutre ou nuisible pour le respect des limites planétaires ?
  • Qu’apporte-t-elle au bien-être collectif et avec quelles conséquences ?
  • Nous place-t-elle sur la bonne trajectoire à moyen et long terme ?

Face aux enjeux du changement climatique et des crises sociales et économiques qui en découlent, l’écologie intégrale est alors nécessairement une politique de sécurité nationale, qui relève du nouveau rôle régalien de l’État. 

Elle inscrit le respect des limites planétaires dans les principes premiers de la République écologique, au sommet de la hiérarchie des normes.

Elle prône une économie permacirculaire et biosourcée qui vise une empreinte écologique égale à une planète. 

Delphine Batho affirme en outre que la féminisation du pouvoir est un des leviers les plus puissants au niveau mondial pour accomplir la révolution de l’écologie intégrale. Et que cela passe également par une révolution mentale sur notre rapport à l’écosystème qui nous entoure (et nous abrite). Nous devons comprendre et intégrer que l’ensemble du vivant est une partie de nous-même. 

À celles et ceux qui prétendent que le problème vient de la surpopulation, elle répond que la consommation d’énergie et de ressources augmente plus vite que la population mondiale. Et qu’une étude scientifique a démontré qu’il était possible de nourrir 9 milliards d’humain en 2050 avec 100% d’agriculture biologique, à condition de réduire le gaspillage alimentaire et la consommation de protéines animales. 

Enfin, elle appelle à rompre avec la religion de l’hyperconsommation, qui, selon elle, rend malheureux :

La société d’hyperconsommation, avec ses achats impulsifs et compulsifs, repose toute entière sur une imposture, à savoir que nos besoins matériels sont infinis. Elle précipite dans la spirale infernale d’une vie à crédit, par l’endettement et le surendettement. Pour l’écologie intégrale, adopter un mode de vie plus simple et attentif à son impact environnemental n’est pas un sacrifice, c’est une libération

Elle conclut en insistant sur le nécessaire changement culturel qui s’impose à nous. Où l’entraide, le partage et la coopération (plutôt que la compétition) dépasseront les valeurs individualistes actuelles. 

Voilà un petit résumé des concepts détaillés dans ce livre que j’ai beaucoup apprécié. Je vous le recommande également pour la bibliographie présentée à la fin de l’ouvrage. Elle liste une série de livres complémentaires sur ces sujets.  

La citation qui m’inspire

“C’est impossible, dit la fierté,

c’est risqué, dit l’expérience,

c’est sans issue, dit la raison,

essayons, dit le cœur”

William Arthur Ward

Et vous en avril ?

Qu’avez-vous expérimenté ce mois-ci ?

Partagez votre expérience dans les commentaires ci-dessous ! 🙂

Pour aller plus loin

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