Isolation phonique d’un mur : comment faire mieux (et plus écolo) ?

Vous avez l’impression de vivre avec vos voisins ? Vous voulez préserver votre intimité ? Vous voulez pouvoir dormir paisiblement ? Pour cela il est indispensable de travailler sur l’isolation phonique des murs. C’est d’ailleurs est un indicateur essentiel du niveau de confort d’un logement. 

Au cours de la journée nous sommes très souvent soumis à des nuisances sonores : transports, travail, commerces. Alors il est nécessaire de retrouver du calme quand on rentre chez soi. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’y dormir. 

Seulement beaucoup de logements sont insuffisamment isolés. Les logements datant d’avant 1969 n’ont en effet pas été construits avec des exigences d’isolement acoustique. D’autres sont le résultat de la division d’un grand logement initial en 2 logements plus petits. Les parois séparatives ne sont alors pas prévues pour atténuer le bruit. Enfin certains logements neufs présentent des défauts de conception qui laissent passer les sons. 

Il faut dire que l’acoustique est une notion assez complexe à gérer dans un bâtiment. Car le bruit se propage de différentes façons. 

Mais il existe quand même des solutions pour palier à ces situations inconfortables. Cet article présente donc des principes pour améliorer l’isolation phonique des murs, mais aussi des plafonds et des planchers. Et retrouver un peu de sérénité chez soi

Comprendre la propagation du son

Le bruit aérien

Lorsque l’on parle, on fait vibrer nos cordes vocales dans notre gorge, ce qui entraîne à son tour la vibration de l’air qui s’y situe. Puis cette onde se déplace, sort de notre bouche et continue sa route dans la pièce. Le son se propage alors dans toutes les directions.

Lorsqu’il rencontre un obstacle (par exemple un mur), il “rebondit” dessus et repart dans l’autre sens. Une partie du son est aussi absorbée par le mur et une autre le traverse. 

Petit à petit, le son diminue à force de rencontrer des obstacles et d’ainsi se diviser. 

Le but d’une bonne isolation acoustique est donc de chercher à “piéger” ce son en multipliant les “obstacles”

Les bruits de chocs

Les bruits de chocs se distinguent des bruits aériens car ils ne sont pas transmis initialement par la vibration de l’air mais par la vibration de la matière (par exemple un sol qui tremble). 

Lorsque l’on marche sur un sol, on crée une vibration à sa surface qui se propage dans tout le sol et se transmet aux parois qui sont en contact avec lui (les murs notamment). Ainsi, de proche en proche la vibration se déplace, ce qui à son tour crée un déplacement de l’air adjacent et donc du bruit. 

Pour atténuer ce phénomène, il faut donc limiter la vibration du sol. C’est pour cela que l’on privilégie des sols “lourds” pour les planchers intermédiaires des appartements. Plus ils sont lourds, moins on parvient à les faire vibrer lorsqu’on marche dessus notamment.  

Quels niveaux de bruits ?

La sensibilité au bruit est propre à chacun. Elle dépend aussi du contexte, de sa durée et de notre occupation. 

Néanmoins, voici quelques chiffres de niveaux du bruit qui nous aideront par la suite à mesurer la performance acoustique d’une solution (on parle alors “d’affaiblissement”) :

  • 25 dB (décibels) : très calme
  • 35 dB : silencieux en ville
  • 45 dB : conversation “normale”
  • 55 dB : musique d’ambiance, activité “normale” dans un bureau
  • 65 dB : télévision, aspirateur “silencieux”
  • 75 dB : rue bruyante, foule
  • 85 dB : carrefour, atelier de fabrication
  • 100 dB : discothèque
  • 120 dB : avion, moto ou voiture de course

Que dit la réglementation ?

Le Code de la construction et de l’habitation* impose des niveaux acoustiques pour les immeubles de logements collectifs et les maisons accolées (et uniquement ceux-là). Il s’agit de ne pas dépasser les niveaux sonores suivants lorsque les appareils de chauffage et de ventilation sont en fonctionnement :

  • 30 dB dans les pièces principales (chambres et séjour)
  • 35 dB dans les cuisines, les salles d’eau et les pièces annexes
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De plus, des niveaux d’isolement acoustique minimum doivent être respectés entre 2 logements :

  • 53 dB dans les pièces principales
  • 50 dB dans les cuisines, les salles d’eau et les pièces annexes

Ainsi que vis-à-vis des bruits extérieurs :

  • 30 dB dans toutes les pièces

*En vigueur pour les bâtiments neufs construits depuis le 1er Janvier 2000. Voir l’arrêté du 30 juin 1999 relatif aux caractéristiques acoustiques des bâtiments d’habitation.

Réussir l’isolation phonique d’un mur

Alors comment faire pour améliorer l’isolation phonique d’un mur et plus généralement de son logement ?

Il y a plusieurs actions possibles. Cela dépendra de l’origine du bruit. Il faut donc identifier d’où vient le bruit et quelle est sa source. Le principe utilisé dans tous les cas est la loi “masse-ressort-masse“.

La loi masse-ressort-masse

Pour éviter qu’un son ne parvienne dans notre pièce il faut créer un écran acoustique entre la source et nous. Cet écran, pour être performant, doit à la fois réfléchir le son du côté de la source, puis absorber le son résiduel qui se propage tout de même vers notre pièce. 

Pour cela on utilise des matériaux à forte inertie (dit lourds) car la masse réfléchit bien le son. Pour l’absorption on privilégie à l’inverse un matériau souple qui joue le rôle de “ressort” (le son s’y disperse). L’écran se compose ainsi de plusieurs couches aux fonctions diverses. 

L’isolation phonique d’une paroi

C’est le cas classique lorsque l’on veut atténuer le bruit provenant d’un appartement voisin. 

La solution dans ce cas est de réaliser un doublage acoustique du mur. 

Un exemple de composition performante est : 

  • Lame d’air de 20 mm
  • Isolant de 50 ou 100 mm (si vous pouvez) type Métisse M+
  • Panneau Pan-Terre Acoustix de 16 mm
  • Plaque de Fermacell de 12,5 mm (collée sur le panneau Pan-Terre)
  • Bande résiliente de 5 mm en liège ou chanvre (disposée entre les rails et montants du doublage et les parois adjacentes (sol, mur et plafond)

Ce doublage fait donc près de 15 cm d’épaisseur (avec l’isolant de 100 mm). Si vous ne pouvez (ou ne souhaitez) pas un doublage aussi épais, vous pouvez supprimer la lame d’air et mettre l’isolant de 50 mm. Dans ce cas le doublage fera moins de 8 cm. 

Les matériaux proposés ici sont volontairement des matériaux dits “écologiques“. 

L’isolant Métisse M+ est à base de textile recyclé. Il est spécialement conçu pour sa performance acoustique. Il peut être remplacé par de la laine de bois, cellulose ou chanvre également. 

Le panneau Pan-Terre se compose de fibre de lin et de cellulose

panterre

Panneau acoustique Pan-Terre (Acoustix)

La plaque de Fermacell est à base de gypse et de cellulose. Elle est dite “lourde” à forte inertie ce qui joue le rôle de masse (elle est effectivement très lourde 😬). 

fermacell

Plaques de Fermacell

L’isolation phonique d’une cloison

Pour une cloison, le système est le même que pour le cas du doublage précédent sauf que l’on ajoute un panneau Pan-Terre et une plaque de Fermacell sur l’autre bord. 

On réalise ainsi un complexe “sandwich” masse-ressort-masse très efficace. L’indice d’affaiblissement acoustique ainsi obtenu (sans lame d’air et avec l’isolant de 50 mm), est de 60 dB (indice noté Rw). C’est autant qu’avec un mur en béton de 16 cm d’épaisseur alors que cette cloison ne fait que 13,4 cm. 

isolant-metisse-m+

L’isolant Métisse M+ (en bleu) produit à partir de textiles recyclés

L’isolation phonique d’un plafond

Pour isoler un plafond on peut réaliser le doublage décrit précédemment et l’appliquer en faux-plafond. 

S’il s’agit d’un plafond avec des poutres, il peut être judicieux de placer l’isolant entre les poutres (ou les solives) pour gagner un peu d’espace et ne pas trop avoir à abaisser la hauteur du plafond initial. 

isolant-metisse

Isolation phonique d’un plafond entre 2 étages d’une maison

Une autre possibilité est d’isoler phoniquement le plafond par le dessus

Dans ce cas vous pouvez réaliser le système suivant sur le plancher

  • Isolant en fibre végétale, recyclée ou même animale (plume ou mouton) de 10 à 20 mm
  • Une ou deux plaques de sol Fermacell de 20 mm d’épaisseur
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Si votre plafond donne sur des combles, il faut dans ce cas réaliser une isolation de ceux-ci avec un isolant d’au moins 25 cm de type laine de bois ou ouate de cellulose soufflée (30 cm dans ce cas). Cet isolant jouera également un rôle thermique. 

Les autres points de vigilance

On parle de ponts phoniques au même titre que l’on parle de ponts thermiques. 

Il s’agit des points “faibles” de notre logement par lesquels les sons (et donc les bruits) se propagent. 

Les plus courants sont les percements pour les gaines, les réseaux d’eau, de chauffage et les câbles électriques. Chaque percement dans une paroi la fragilise et dégrade son niveau d’affaiblissement acoustique. Une prise électrique encastrée a également un impact. Pour cette dernière, disposez les prises en quinconces de part et d’autre d’une même paroi (et non dos-à-dos car sinon il n’y a plus de place pour l’isolant). 

Pour réduire ces points sensibles vous pouvez utiliser les dispositifs suivants :

  • Collier anti-vibratiles sur les conduits d’eau (notamment les chutes d’eaux usées). Il existe également des conduits “phoniques” dont l’intérieur à un profil hélicoïdal ce qui réduit notablement le bruit de l’écoulement de l’eau.
  • Plots et supports anti-vibratiles sous les équipements sujets à vibrations : chaudière, VMC, baignoire, etc…
  • Suspentes acoustiques pour soutenir les plafonds suspendus
  • Joint balai pour les portes (lames de caoutchouc à placer sous le chant inférieur)

Pensez aussi à la réverbération

Les points précédents permettent de traiter les bruits venant de l’extérieur de notre logement. On l’a vu, le but est de créer un écran entre nous et la source. Car sur ceux-là nous ne pouvons pas jouer sur la source (on n’arrête pas les voitures dans la rue pour diminuer le bruit…). C’est l’isolation phonique.

Une dernière action possible est de s’intéresser à la propagation du son à l’intérieur de notre maison. On parle alors de correction acoustique. Car là aussi il peut y avoir de l’inconfort. C’est le cas par exemple lorsque la réverbération est trop importante. Les bruits “résonnent” et on a l’impression qu’ils s’amplifient même parfois. On le constate assez bien dans une pièce vide notamment. 

Donc le principe ici est assez simple, il faut éviter les grandes surfaces lisses comme les murs nus, les grandes baies vitrées sans rideaux, l’absence de meubles… Le fait d’accrocher des rideaux et de disposer quelques tapis offre déjà une bonne correction acoustique. Et si vous voulez allez plus loin il existe des matériaux absorbants pour les plafonds et les murs. Il s’agit généralement de panneaux perforés qui emprisonnent les sons et empêchent ainsi leur réverbération.  La variante écolo et pas chère est de mettre des boites d’œufs (vides…) sur les murs (très en vogue dans les studios d’enregistrement il y a quelques années) !

Pour aller plus loin

Vous pouvez découvrir d’autres articles qui traitent du confort dans sa maison sur le blog :

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Ressources

Une partie des références de cet article provient de l’excellent livre “L’isolation phonique écologique” de Jean-Louis Beaumier. Vous y retrouverez des études de cas, d’autres idées et matériaux. 

Crédits photos : © La Case Robinson 

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