10 actions à faire soi-même pour rendre son logement plus écologique et plus sain

Nous sommes nombreux à souhaiter améliorer notre cadre de vie, et notamment notre logement. Notre lieu de vie joue en effet un rôle essentiel dans notre bien-être physique et mental. Nous y passons en moyenne 50% de notre temps !

Si vous suivez La Case Robinson depuis quelques temps, vous savez que mon objectif est de vous apporter des conseils pour vivre mieux, dans un logement plus écologique et plus sain.

Pourtant, peu sont celles et ceux qui passent à l’action. Car les obstacles sont nombreux.

Quels travaux réaliser en priorité ? Combien cela va coûter ? Quels seront les bénéfices réels ? Qu’est-ce que je peux faire moi-même ? Combien de temps cela va prendre ?

La liste des interrogations peut être longue. Et on ne sait plus très bien par où commencer. C’est pour cela que ces envies sont bien souvent remises à plus tard.

Pourtant, il y a des actions très simples que vous pouvez mettre en place rapidement pour rendre votre logement plus écologique et plus confortable.

Et vous pouvez faire cela vous-même, avec un budget réduit.

Dans cet article je vais donc aborder les points essentiels sur lesquels vous pouvez agir dès maintenant, que vous soyez locataire ou propriétaire. Je détaillerai dans un prochain article les travaux plus conséquents que vous pourriez mener et comment s’organiser pour les réaliser.

Dans l’immédiat, lisez l’article jusqu’au bout et passez à l’action dès aujourd’hui !

Commencez par changer ce qui ne se voit pas !

Derrière ce titre provocateur se cache une réalité que l’on oublie souvent. Et c’est pourtant l’action la plus simple à mettre en œuvre.

Je veux parler ici de votre fournisseur d’énergie et de votre banque !

Oui, ces organismes jouent un rôle majeur dans le bilan environnemental de votre logement.

Changez de fournisseur d’énergie

Que votre logement soit bien isolé ou au contraire une « passoire thermique » (ou entre les deux), il consomme quoiqu’il en soit de l’énergie. Autant donc choisir de l’énergie « verte », issue des énergies renouvelables.

Les fournisseurs d’énergie comme Enercoop, Ilek ou Energies d’ici proposent à leur client de l’électricité d’origine 100% renouvelable (et française). Elle est produite par les barrages hydroélectriques ou les fermes éoliennes et solaires sur tout le territoire. J’ai d’ailleurs écrit récemment un article complet sur le sujet (ici).

Bien souvent, les prix proposés ne sont pas plus chers (ou très peu) que les tarifs réglementés d’EDF. Et si l’on tient compte des bénéfices sous-jacents pour la planète (ce que l’on fait trop rarement), le surcoût est alors clairement justifié.

Pour la fourniture du gaz, il existe dans certaines régions des offres pour du gaz « bio » issu d’unité de méthanisation par exemple. Ilek propose également ce service. Malheureusement pour moi, à Bordeaux, nous sommes obligés de passer par le prestataire historique qui fournit uniquement du gaz « naturel » (c’est-à-dire d’origine fossile) …

Changez de banque

Tout aussi important, votre banque ou plutôt votre épargne pèse sur votre bilan environnemental.

Que fait votre banque avec votre argent ? Comme le montre le rapport de l’organisation Oxfam, ou celui des Amis de la Terre, en 2018 les plus grandes banques françaises financent majoritairement les énergies fossiles (80% de leurs investissements dédiés au secteur de l’énergie) plutôt que les projets d’énergie renouvelable (les 20% restant).

Certains organismes proposent toutefois de placer votre argent uniquement dans des projets de l’économie sociale et solidaire, ou des projets environnementaux. C’est le cas du Crédit Coopératif ou de La Nef par exemple, mais aussi de certaines banques locales. Vous pouvez également placer votre épargne en priorité dans le livret « LDD » (livret de Développement Durable) ou devenir partenaire d’une association qui sera rémunérée par la banque à chaque fois que vous utiliserez votre carte (sans surcoût pour vous).

Une fois que vous avez fait ça, place aux actions « visibles » chez vous !

Comment identifier les problèmes ?

Pour résoudre un problème, quel qu’il soit, il faut commencer par faire le diagnostic de la situation existante.

Écoutez votre corps 😊

Si vous voulez engagez des travaux d’amélioration chez vous, c’est que vous avez d’ores et déjà identifié ces « problèmes ». Il reste alors à bien définir les causes et à les traiter.

Le corps est un outil très efficace pour nous signaler un problème. Que ce soit par le ressenti ou l’observation. Cela joue beaucoup dans le bien-être.

  • Vous avez chaud, vous avez froid, vous ressentez des courants d’air désagréables
  • Vous avez la gorge, le nez, les yeux souvent irrités
  • Vous remarquez des odeurs, de l’humidité, de la condensation, des moisissures
  • Vous êtes souvent gêné-e par la luminosité ou « l’ambiance lumineuse » intérieure

Nous détaillerons un peu plus bas les actions à mener pour résoudre ces problèmes.

Étudiez votre facture énergétique

Un autre axe de réflexion pour améliorer votre logement est d’analyser les « faits », c’est à-dire votre facture énergétique.

Vous pouvez apprendre beaucoup de choses !

Tout d’abord, elle détaille votre consommation par périodes de 2 mois. Vous pouvez donc comparer comment elle évolue d’une année sur l’autre.

En cas d’évolution, posez-vous les questions suivantes :

  • Ai-je modifié mes habitudes (T°C de consigne pour le chauffage*, utilisation des appareils électriques, évolution du nombre de personnes dans le logement) ?
  • Les conditions climatiques ont-elles été différentes par rapport à l’année dernière ? Vous pouvez pour cela consulter le site de MétéoFrance qui vous renseigne sur le climat des 10 dernières années (lien en bas de cette page).
  • Ai-je de nouveaux équipements consommateurs d’énergie (machine à laver, TV, ventilateur…) ?

*rappelez-vous qu’un degré de plus sur votre consigne de chauffage engendre en moyenne une hausse de consommation de 7% (et inversement).

A noter également que pour les détenteurs du compteur Linky*, vous pouvez désormais suivre votre consommation quotidienne en créant un compte sur le site d’Enedis (lien en bas de cette page).

Le CNRS avait réalisé une étude en 2015 au sujet des compteurs communicants : une baisse de 23% en moyenne de la consommation électrique a été observée pour les ménages équipés (et donc ayant accès régulièrement à leur consommation).

*Le déploiement du compteur communiquant Linky soulève des questions majeures sur les libertés individuelles (diffusion d’information sur votre consommation horaire, et donc votre vie privée). C’est un sujet complexe, qui polarise et divise fortement. Personnellement, je pense que c’est un outil intéressant qui peut nous aider à réduire note facture énergétique (l’étude du CNRS le prouve) et donc dans certains cas à lutter contre la précarité énergétique et le réchauffement climatique (même si en France l’essentiel de l’électricité est d’origine nucléaire et n’émet dans pas de C02, cela réduit notre usage du nucléaire). Compte tenu des enjeux environnementaux actuels, cela vaut la peine de l’adopter (à condition de l’utiliser vraiment !), tout en ayant conscience des informations récoltées en échange. Et il ne faut pas non plus se tromper de combat. A mon sens, nous dévoilons beaucoup plus notre vie privée via notre smartphone et notre usage d’internet. Et pourtant sans bénéfice aucun en retour pour l’environnement …

Les actions prioritaires à réaliser soi-même

Au sujet de l’isolation

Si votre logement est mal ou insuffisamment isolé, alors vous avez froid en hiver et chaud en été. Vous pouvez également ressentir des courants d’air ou ce que l’on appelle les effets de « parois froides » (sensation de froid à proximité d’une fenêtre simple vitrage).

Bien sûr, la solution idéale serait d’isoler la toiture, changer les fenêtres pour des doubles (voir triples) vitrages peu émissifs, et isoler les façades. Mais cela représente des travaux et un budget non négligeables. Comme indiqué, nous reviendrons sur cela dans un autre article.

Que pouvez-vous tout de même faire à moindre coût dès aujourd’hui ?

  • Améliorer l’étanchéité de la porte d’entrée et des fenêtres en changeant les joints de compression. Si celles-ci sont en bois, il est très facile de coller un joint sur le dormant (le cadre fixe de la menuiserie) qui vient faire la jonction avec l’ouvrant lorsque la porte ou la fenêtre sont fermées.
  • Réduire les courants d’air et les sensations de froid en disposant un « bas de porte » au pied de la porte d’entrée. Que ce soit les bas de porte ou les joints, les marques 3M ou Plasto proposent des produits performants (chercher « joint de porte ou fenêtre » sur votre moteur de recherche). Vous pouvez également installer des rideaux « thermiques » (en fait des rideaux épais) qui éviteront les sensations de courants d’air froid.
  • Avoir les bons réflexes en été: évitez que la chaleur ne rentre en fermant systématiquement les volets en journée si vous n’êtes pas là. Découvrez d’autres conseils dans l’article que j’ai écrit à propos de la canicule.

Au sujet de la consommation d’électricité

Parmi les usages de l’électricité nous pouvons distinguer 2 postes prépondérants : l’éclairage et les appareils domestiques.

L’éclairage

  • Pour l’éclairage, c’est assez simple, il faut utiliser des lampes LED. Si vous avez encore des lampes à incandescence (elles sont interdites à la vente depuis 2012), changez-les. Elles consomment entre 5 et 10 fois plus qu’une lampe LED de même intensité lumineuse !
  • Si vous avez des lampes halogènes ou fluocompactes, changez-les également. Elles consomment entre 2 et 5 fois plus que les LED. Et les lampes fluocompactes contiennent du mercure, potentiellement toxique en cas d’inhalation. Elles sont également critiquées pour leurs émissions d’ondes électromagnétiques à courte distance (donc ne les utilisez jamais pour votre lampe de chevet ou de bureau).
  • De plus, la durée de vie annoncée des lampes LED est de 5 à 30 fois supérieure à celle des autres types de lampes.

Les appareils électriques

La consommation d’électricité liées aux appareils domestiques ne cesse d’augmenter ces dernières années. Pourtant, les appareils eux-mêmes sont de plus en plus économes.

Alors pourquoi cette hausse malgré tout ?

Eh bien pour 2 raisons :

  • Nous avons de plus en plus d’appareils connectés et branchés chez nous.
  • Nous subissons ce que l’on appelle « l’effet rebond » (déjà évoqué dans l’article dédié aux Low-Tech vs High-Tech). Nos appareils étant plus « vertueux » en termes de consommation d’énergie, nous les utilisons plus et en plus grand nombre. Finalement, nous consommons globalement plus d’énergie …

Quels gestes simples adopter ?

C’est du bon sens mais il est parfois utile de le rappeler :

  • Faire le bilan de l’usage réel que l’on fait de tout ces appareils. Et mettre en arrêt (pas en veille) ceux dont vous ne vous servez pas ou rarement (lecteur DVD, chaine-hifi…). Même pour les plus fréquents (box wifi par exemple), pensez à les éteindre quand vous dormez ou êtes absent-e.
  • Avant d’acheter un nouvel appareil, regardez s’il existe une version manuelle (pour les objets de cuisine, beaucoup d’alternatives existent par exemple). Dans tous les cas, optez pour les appareils les plus économes (A++ sur l’étiquette énergie).
  • Une petite anecdote personnelle à ce sujet : j’ai récemment constaté que la sonnette de ma maison consommait en permanence de l’électricité (il s’agit d’une ancienne sonnette de marque « Cera » pour les amateurs). Il n’y a pas de mode veille. L’entrée étant en double hauteur et la maison de taille moyenne, j’ai décidé de débrancher la sonnette et de mettre un heurtoir directement sur la porte extérieure. On entend très bien ainsi. Nous sommes d’accord, cela ne change pas fondamentalement ma facture d’électricité (« verte » chez Ilek d’ailleurs), mais je trouve que c’est un exemple d’optimisation facile à mettre en œuvre si l’on prend le temps de regarder un peu son logement.

Au sujet de la qualité de l’air

J’ai écrit un article complet sur le sujet, donc je vous invite à le lire si vous constatez des problèmes d’odeurs, d’irritation chronique et/ou de mauvais renouvellement d’air dans votre logement.

Sur ce dernier point, il est primordial de ne pas obstruer les bouches de ventilation de votre logement. Que ce soit les bouches dans les pièces humides (cuisine, WC, salle de bain) ou les entrées d’air au-dessus des fenêtres, celles-ci ont un rôle important pour la « santé » de votre logement, et par répercussion sur la vôtre.

  • Elles permettent le bon fonctionnement de la ventilation mécanique : les boucher entraîne une surconsommation du ventilateur et réduit fortement sa durée de vie.
  • Elles garantissent un renouvellement d’air minimum pour évacuer l’humidité ambiante (source de moisissures).
  • Elles contribuent au bon fonctionnement de votre chaudière gaz et donc à votre sécurité.
  • Même si elles apportent un air froid dans la pièce, il faut donc les maintenir ouvertes.

Au sujet du confort visuel

J’aborderai certainement ce thème dans un article spécifique. Néanmoins, quelques actions simples peuvent être mises en place rapidement pour vous apporter un meilleur confort à ce sujet.

  • Choisir des températures de couleurs « chaudes » pour vos lampes. C’est-à-dire entre 3000 °K. et 4000°K (“degrés Kelvin”). Au-delà, la lumière apparaît bleutée ce qui est désagréable au quotidien (et empêche de dormir). Son usage est réservé à des fonctions particulières dans l’industrie ou la médecine par exemple. En deçà de 3000°K, la lumière est jaunie et n’éclaire pas suffisamment.
  • Si vous devez repeindre vos murs et plafonds, optez pour des teintes claires (surtout au plafond) pour favoriser la réflexion lumineuse de l’éclairage extérieur pendant la journée. Pour vous donner une idée, un mur blanc réfléchit 70 à 80% de la lumière reçue alors qu’un mur gris foncé ne réfléchit que 30% (le reste est absorbé et donc perdu). En cas de risque d’éblouissement vous pourrez toujours gérer cela avec des rideaux ou des volets.

Optimistes dans l’action

Une citation énoncée par Jean-Marc Jancovici dit ceci :

“Nous pouvons être pessimistes dans l’analyse et optimistes dans l’action.”

Les actions permettant de rendre votre logement plus écologique sont multiples. Nous avons abordé ici un échantillon de ce qui est possible de faire simplement, par vous-même. Il en existe d’autres que vous trouverez dans les différents articles de ce blog, selon le thème qui vous intéresse. 

Le fait d’agir, même modestement, donne une impulsion vertueuse et une satisfaction surprenante. Commencez par mettre en place les quelques conseils énoncés dans cet article et vous verrez, rapidement, vous souhaiterez aller plus loin et généraliser cette approche à d’autres pans de votre vie.

Une autre action dont j’ai déjà parlé est par exemple d’adopter une démarche zéro déchet. C’est étonnant de constater à quel point cela bouleverse (positivement bien sûr !) votre vie quotidienne et ouvre de nouveaux horizons !

Faîtes le test et laissez un commentaire sur le blog 😊.

Pour aller plus loin

Vous trouverez ci-après une liste de ressources qui peuvent vous être utiles. 

Si cet article vous a plu, et que vous pensez qu’il peut être utile à l’un de vos proches, partagez-le autour de vous !

Et vous quelles actions avez-vous mises en place ?

Si vous avez une remarque ou une question, laissez-moi un commentaire en bas de cette page ! 

Enfin, si vous souhaitez appliquer dès aujourd’hui des actions simples pour améliorer votre maison et votre confort de vie, téléchargez le Petit Manuel du Robinson via l’un des formulaires présents sur le site. Vous serez également informé-e dès la publication d’un nouvel article. 

Merci d’être arrivé-e jusqu’ici Smile et à très vite ! 

Ressources

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