Qualité de l’air : comment purifier sa maison ?

janvier 18, 2019

La pollution de l’air est un sujet préoccupant et malheureusement quotidien. Que ce soit à la ville ou à la campagne, les pollutions atmosphériques sont nombreuses (et fréquentes) : dioxyde d’azote, monoxyde de carbone, particules fines, résidus de pesticides….

Et il ne s’agit ici que des pollutions « extérieures », c’est-à-dire liées aux activités industrielles, aux transports ou à l’agriculture. Dans nos maisons, nous respirons l’air extérieur auquel peut s’ajouter de nombreux autres polluants.

Ainsi, bien souvent, l’air intérieur est plus nocif que l’air extérieur !

La bonne nouvelle c’est que nous pouvons agir sur la plupart de ces polluants « intérieurs » !

Quels sont ces polluants ? Comment identifier les sources de pollutions ? Quelles actions mettre en place pour les supprimer et purifier sa maison ?

Découvrez dans cet article les conseils de La Case Robinson pour retrouver un air (plus) pur et sain dans votre maison.

Les sources de pollution de l’air intérieur

Une maison est un lieu assez magique. On y fait en effet tout un tas d’activités, dans un espace assez réduit. Mais cette densité génère parfois l’accumulation de substances dangereuses pour la santé.

Nous pouvons ainsi citer :

  • Les polluants issus des revêtements (sol, mur plafond), des peintures et du mobilier : composés organiques volatils, formaldéhydes, métaux lourds, etc…
  • Les vapeurs toxiques qui émanent des produits d’entretien : chlore, phtalates, dérivés halogénés.
  • Les particules fines et gaz provenant de certains systèmes de chauffage : chaudière gaz ou fioul mal entretenue, cheminée, lampe à huile / pétrole. Je ne parle pas évidemment de la fumée de cigarette…
  • Les moisissures dans les pièces humides ou là où il y a de la condensation sur les parois.
  • Les polluants et fibres émises par certains textiles et matériaux : amiante, micro-fibre de la laine de verre, sel de bore dans certains isolants, les hydrocarbures perfluorés (PFC) utilisés pour rendre les vêtements étanches (vestes outdoor par exemple).
  • Les poussières et les micro-organismes comme les acariens ou les allergènes de certains animaux (chats).

On le voit, les nuisances sont potentiellement partout dans la maison. Il convient donc d’abord de les identifier puis de mettre en place les actions afin de les éliminer.

« On soigne les malades atteints du cancer et non l’environnement qui est lui-même malade. “

Professeur Dominique Belpomme – Médecin

Performance thermique ou santé : faut-il vraiment choisir ?

La réglementation thermique impose la réalisation de logements de plus en plus étanches à l’air. Cela apporte un confort thermique et des économies d’énergie indéniables.

Mais cela pose également un problème vis-à-vis de la qualité de l’air intérieur. Etant plus étanches, nos maisons ne « respirent » plus et l’air peut alors se dégrader.

C’est pourquoi il est indispensable d’être attentif à la ventilation dans les logements récents. Bien souvent la ventilation mécanique ne brasse pas suffisamment d’air, notamment lorsqu’il s’agit d’une ventilation simple flux. Dans le cas d’une ventilation double flux, les débits sont plus élevés, mais ce système est encore assez onéreux et nécessite de créer des gaines spécifiques. Il est donc réservé aux opérations neuves.

A noter qu’un « bon » taux de brassage est de l’ordre de 30 m3/h et par personne.

Peintures dépolluantes, purificateurs d’air, plantes épuratrices : quelle efficacité ?

A chaque problème sa solution ! Les industriels proposent aujourd’hui de nombreux produits et systèmes aux vertus purificatrices. Est-ce vraiment efficace ?

Les peintures dépolluantes

Il existe ainsi des peintures qui « assainissent l’air en fixant le formaldéhyde » (Peintures ONIP Clean’R, Tollens Capteo ou Air+, Ripolin Attitude…). Ça tombe bien, le formaldéhyde est un des polluants les plus présent dans l’air intérieur, et il est classé « cancérogène certain » par le Centre International de Recherche sur le Cancer (OMS). Il est présent dans les liants utilisés dans les panneaux de bois aggloméré (c’est-à-dire à peu près tous les meubles et parquets qui ne sont pas en bois massif…) et dans la plupart des peintures…

Le procédé à l’origine de cette fonction dépolluante semble effectivement efficace. Initialement il s’agissait de photocatalyse à l’aide de nanoparticules de dioxyde de titane. Bien qu’efficace, cela posait un problème car ces nanoparticules sont classées elles-mêmes « cancérigène possible ». Remplacer un polluant par un autre ne semble pas bien utile…

Depuis quelques années un nouveau procédé existe. Il s’agit de la captation chimique par adsorption. Les polluants sont alors fixés dans la peinture (et non plus dégradés par photocatalyse). Les tests en laboratoire annoncent un taux d’adsorption de près de 80% des polluants, ce qui n’est évidemment pas négligeable.

Toutefois, on peut s’interroger sur l’efficacité en condition réelle, où les taux de pollution sont moindres. Un autre bémol porte sur le relargage à long terme de ces polluants fixés dans la matière et sur l’émission éventuelle de sous-produits également nocifs.

Personnellement je suis assez réservé sur ces innovations. Il me semble qu’il faut plutôt appliquer ici le principe de précaution. Mieux vaut traiter la pollution à la source que de mettre en œuvre des systèmes curatifs complexes et non validés sur le long terme !

Les purificateurs d’air

Une autre solution pour assainir l’air est d’utiliser un système capable de la purifier. De nombreux fabricants proposent ainsi des purificateurs d’air capables de filtrer l’air ambiant (Dyson, Rowenta, Philips…). Le principe est simple, il s’agit de recycler l’air en le faisant passer à travers un ou plusieurs filtres qui captent les particules en suspension (notamment les pollens, allergènes et les particules fines). Le taux d’élimination de ces polluants peut atteindre 99%. C’est plutôt pas mal !

Il faut néanmoins porter attention à quelques points :

  • Les filtres s’encrassent et atteignent alors leur niveau de saturation. L’appareil n’est plus efficace, il consomme plus et fait plus de bruit. Et un risque de relargage des polluants existe. Il faut donc les contrôler et les changer régulièrement (au moins 1 fois par an).
  • Le volume d’air purifié que l’appareil peut traiter doit être adapté au volume de la maison (et pas seulement à celui d’une seule pièce sans quoi ce n’est plus efficace dès que l’on ouvre une porte). Les débits d’air proposés vont de 100 à 400 m3/h.
  • Les polluants type COV et formaldéhydes sont peu captés par ces appareils.
  • Ils consomment de l’énergie : de 40 à 80 kWh/an pour 2 heures d’utilisation quotidienne.

Ces systèmes ne sont donc pas une solution parfaite pour lutter contre la pollution. De plus ils sont relativement bruyants (jusqu’à 65 dB, soit le bruit d’une voiture perçu à 20 m) et peuvent même s’avérer anxiogène pour certains car ils nous rappellent en permanence que l’air ambiant est pollué !

Les plantes

Les plantes sont capables de capter certains polluants contenus dans l’air (monoxyde de carbone, COV, formaldéhydes notamment). Soit par leurs feuilles, soit par leurs racines, avec des degrés divers en fonction de chaque plante. On peut ainsi citer :

  • Chlorophytum comosum, Gerbera, Dragonnier marginé : toluène, monoxyde de carbone, benzène, formaldéhyde
  • Aloe vera : monoxyde de carbone
  • Fougère de Boston : formaldéhyde

aloe vera

Mais je vous préviens tout de suite, l’efficacité d’une plante (ou de quelques-unes) dans une pièce est négligeable… L’ADEME l’a mis en évidence dans son programme PHYTAIR en 2011.

De plus, certaines plantes pourtant très présentes dans nos logements peuvent être toxiques (Dieffenbachia en cas d’ingestion par exemple) ou allergènes (Ficus, Cactus de Noël, Poinsettia, Cyclamen). Et il convient bien sûr de ne pas utiliser de produits chimiques pour leur entretien (biocides) qui relargueraient des polluants dans votre maison…

Toutefois, les plantes d’intérieur possèdent des avantages psychologiques indéniables : amélioration du cadre de vie, reconnexion avec la nature, bien-être.

Mettez-en chez vous, mais pour bénéficier de leur fonction dépolluante, mieux vaut une bonne balade en forêt 😊  !

Les actions simples à mettre en place

On l’a vu, il n’existe pas de solution curative idéale pour purifier l’air intérieur de nos maisons.

Donc le meilleur moyen d’avoir un air sain est de traiter le problème à la source : éviter d’apporter les polluants chez vous !

Pour cela, quelques gestes simples se révèlent très efficaces :

  • Privilégier les matériaux bruts et massifs, notamment pour les bois (éviter les bois agglomérés).
  • Proscrire les sols souples PVC et les moquettes.
  • Optez pour des peintures plus saines ou n’en utilisez pas. Je vous invite à lire à ce sujet l’article du blog « Peintures écologiques, le grand greenwashing ?»
  • Utiliser des produits d’entretien écologiques. Le mieux est de les faire soit même, comme ça vous réduirez également vos déchets. Pour ma part, j’utilise uniquement du vinaigre blanc, du savon de Marseille, du bicarbonate de soude et des cendres pour tous les produits de la maison.
  • Aérer largement votre logement matin et soir.
  • Adopter le minimalisme: moins d’objets, moins d’émissions, moins de poussières et plus de place dans votre esprit 😊 !
  • Informez-vous sur la qualité de l’air auprès de l’association de surveillance de la qualité de l’air de votre région (AASQA). Des applications existent également pour connaître le niveau de pollution de l’air atmosphérique autour de vous.

Pour aller plus loin

Vous trouverez ci-après une liste de ressources qui peuvent vous être utiles. 

Si cet article vous a plu, et que vous pensez qu’il peut être utile à l’un de vos proches, partagez-le autour de vous ! Si vous avez une remarque ou une question, laissez-moi un commentaire en bas de cette page ! 

Enfin, si vous souhaitez appliquer dès aujourd’hui des actions simples pour améliorer votre maison et votre confort de vie, téléchargez le Petit Manuel du Robinson via l’un des formulaires présents sur le site. Vous serez également informé-e dès la publication d’un nouvel article. 

Merci d’être arrivé-e jusqu’ici Smile et à très vite ! 

Ressources

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