Rénovation terre-chanvre – Matilde Saravia

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Je reçois Matilde Saravia, une architecte franco-argentine engagée dans la construction durable et le recours à des matériaux locaux, bio et géosourcés.

👉 La Case Robinson a besoin de vous, soutenez le projet : https://fr.tipeee.com/la-case-robinson/

Matilde est une architecte franco-argentine engagée dans la construction durable et le recours à des matériaux locaux, bio et géosourcés. 

Je suis allé enregistré cet épisode sur le chantier de son dernier projet, où elle a rénové entièrement une maison en pierre à Bordeaux pour la transformer en un habitat familial confortable, sain et économe en énergie. 

Nous parlons de rénovation frugale, d’isolation terre-chanvre, de confort thermique, d’inertie, mais aussi de matériaux de réemploi et de toiture végétalisée. 

Matilde raconte comment appréhender un projet de rénovation quand on souhaite avoir une approche environnementale ambitieuse et comment gérer les entreprises pour coordonner le chantier, qui plus est en ville où l’espace est réduit et les contraintes nombreuses. 

Merci à Matilde pour ce retour d’expérience inspirant et une fois encore très instructif pour celles et ceux qui souhaitent réaliser des projets éco-construits. 

Je vous souhaite un très bon épisode.

Notes de l’épisode

Le résumé et les photos de l’épisode : 

Pour contacter Matilde : 

Les ressources mentionnées dans l’épisode :

  • Les acteurs du projet :
    • Maîtrise d’ouvrage : Coraline, Aurélien, Sacha et Madeleine.
    • Bureau d’études structure mission diagnostic structure : Artémis ingénieur.
    • Bureau d’études géotechnique mission géotechnique G2AVP et G5 : Soltechnic.
    • Bureau d’études géotechnique mission géotechnique G2PRO : Equaterre.
    • Entreprise générale : BRC construction.
    • Bois : Koralya construction.
    • Pierre : Ciseaux Massette.
    • Isolation thermique projetée en terre-chanvre et enduits terre crue : AlTerreBâti.
    • Menuiserie extérieure et intérieure : LC Menuiserie.
    • Rénovation porte : Renoporte
    • Énergie : Énergie Facile Aquitaine.
    • Ventilation : AEG Aquitaine.
    • Couverture : ETS Lefèvre.
    • Guillaume Desormeaux, architecte, conseiller dans Bordeaux Métropole.
    • Vincent Tissot, architecte, photographe, conseiller dans Bordeaux Métropole.
    • Jamal El Maazi, artisan charpentier
  • Livres :
    • Qué es la casa ? – Sacriste

Le mantra partagé par mon invité-e : 

“Faire moins, mais faire bien. ”

Crédits photos : © Sajuma & Studio Pissis – © La Case Robinson


Terre chanvre : isoler une maison en pierre avec un matériau naturel et écologique

Comment isoler une maison ancienne en pierre tout en préservant son fonctionnement naturel, en améliorant le confort thermique et en limitant l’impact environnemental des travaux ?

Le terre chanvre constitue une solution particulièrement intéressante pour la rénovation écologique. Associant la terre crue et le chanvre, ce matériau permet de réaliser des complexes isolants adaptés à de nombreux bâtiments anciens, tout en apportant de l’inertie thermique et une capacité de régulation de l’humidité.

Mais comment se met-il en œuvre ? Quelles épaisseurs utiliser ? Comment organiser un chantier de projection de terre-chanvre ? Et quels sont les avantages et les contraintes de cette technique ?

Dans cet épisode de La Case Robinson, nous rencontrons Mathilde Saravia, architecte de l’atelier Sajuma, pour découvrir la rénovation complète d’une maison ancienne en pierre, au cœur de Bordeaux.

À travers ce projet, elle partage son expérience de la projection de terre-chanvre, de l’utilisation des matériaux bio et géosourcés et d’une architecture frugale, pensée pour réduire les consommations énergétiques et améliorer durablement le confort des habitants.

Qu’est-ce que le terre chanvre ?

Le terre-chanvre est un matériau de construction composé de terre crue et de chanvre, généralement sous forme de chènevotte, la partie ligneuse de la tige de chanvre.

La terre joue principalement le rôle de liant, tandis que la chènevotte apporte de la légèreté et des propriétés isolantes.

Contrairement aux isolants conventionnels posés sous forme de panneaux ou de rouleaux, le terre-chanvre peut être mis en œuvre par projection, directement contre un mur existant ou dans une ossature.

Un matériau biosourcé et géosourcé

L’un des principaux intérêts du terre-chanvre réside dans l’association de deux ressources naturelles :

  • Le chanvre, matériau biosourcé issu d’une plante cultivée pour ses fibres et sa chènevotte.
  • La terre crue, matériau géosourcé qui peut, selon les projets, provenir de ressources locales.
  • L’eau, nécessaire à la préparation et à la projection du mélange.

Cette composition permet de limiter le recours aux matériaux industriels fortement transformés.

L’utilisation de terre crue présente notamment l’avantage de ne pas nécessiter de cuisson, contrairement à certains matériaux de construction conventionnels.

Dans une démarche d’écoconstruction, l’origine des matières premières, les distances de transport et les procédés de fabrication restent néanmoins essentiels pour évaluer l’impact environnemental réel d’un matériau.

Une isolation qui contribue au confort thermique

Le terre-chanvre possède plusieurs caractéristiques intéressantes :

  • Il apporte une résistance thermique aux parois.
  • Il participe à la régulation des transferts de vapeur d’eau.
  • Il contribue à l’inertie thermique intérieure, grâce notamment à la présence de terre.
  • Il permet d’épouser les irrégularités des murs anciens.
  • Il peut recevoir des finitions en terre crue compatibles avec le support.

Son intérêt ne se résume donc pas à son pouvoir isolant : le terre-chanvre s’inscrit dans une approche globale du confort thermique et hygrométrique du bâtiment.

Pourquoi utiliser du terre chanvre pour isoler une maison ancienne en pierre ?

La rénovation présentée par Mathilde Saravia concerne une maison bordelaise ancienne, dont l’existence était déjà attestée par une photographie datant de 1922.

Restée inhabitée pendant de nombreuses années, elle se trouvait dans un état très dégradé lorsque les nouveaux propriétaires ont engagé leur projet.

La maison présentait notamment des problèmes d’humidité, une mauvaise qualité de l’air intérieur et des matériaux incompatibles avec les murs en pierre.

Comprendre le fonctionnement des murs avant d’isoler

Au fil des transformations successives, différentes couches avaient été ajoutées sur les murs.

À l’extérieur, des revêtements épais, atteignant parfois plusieurs centimètres, recouvraient les façades. À l’intérieur, des complexes comprenant notamment de la laine de verre et des revêtements peu ouverts à la diffusion de vapeur d’eau avaient été installés.

Lorsque ces éléments ont été déposés, certaines maçonneries étaient fortement humides.

Ce constat illustre un problème fréquent dans la rénovation des bâtiments anciens : la mise en œuvre de matériaux inadaptés peut perturber les équilibres hygrométriques des murs.

L’humidité accumulée peut alors favoriser les dégradations des matériaux, l’apparition de moisissures et, dans certaines situations, la détérioration des ouvrages.

Avant toute nouvelle intervention, il était donc indispensable de retrouver des maçonneries saines et de laisser sécher les murs.

Choisir un isolant compatible avec la pierre

Pour cette rénovation, l’architecte souhaitait utiliser un matériau capable de s’adapter au support ancien.

Le choix s’est porté sur une isolation intérieure en terre-chanvre projeté.

L’objectif était de créer un complexe isolant en contact avec la pierre, sans reproduire les erreurs des précédentes rénovations.

Cette solution permet notamment de travailler avec des matériaux ouverts à la diffusion de vapeur d’eau.

Il reste toutefois indispensable d’étudier les conditions d’humidité du mur, son exposition et le comportement hygrothermique de l’ensemble de la paroi.

Un matériau naturel ne garantit pas, à lui seul, l’absence de pathologies : c’est la cohérence du système constructif qui compte.

Comment réaliser une isolation en terre chanvre projeté ?

La maison bordelaise constitue un exemple intéressant de mise en œuvre du terre-chanvre à une échelle importante.

L’isolation a été réalisée par projection mécanique directement sur les murs en pierre.

Une épaisseur de 20 cm sur les murs

Pour obtenir le niveau de performance thermique recherché, environ 20 cm de terre-chanvre ont été projetés sur les murs intérieurs.

Cette épaisseur importante nécessitait de prévoir un dispositif de maintien du matériau.

Une ossature secondaire en bois a donc été mise en place préalablement par les charpentiers.

Le mélange terre-chanvre a ensuite été projeté en plusieurs passes, jusqu’à enrober cette structure.

L’ossature reste intégrée au complexe isolant, sans traverser nécessairement toute son épaisseur.

Après séchage, un enduit en terre crue vient assurer la finition intérieure.

Cette méthode présente plusieurs avantages :

  • Elle permet de suivre les irrégularités des murs anciens.
  • Elle crée un contact étroit entre l’isolant et la maçonnerie.
  • Elle limite les vides entre les différents matériaux.
  • Elle autorise des épaisseurs importantes grâce à une structure adaptée.
  • Elle permet de conserver une finition naturelle en terre crue.

L’épaisseur de 20 cm correspond au choix spécifique de cette rénovation. Elle ne constitue pas une prescription universelle : le dimensionnement dépend notamment du mélange employé, de ses performances thermiques, de la nature du mur et de la place disponible.

Des cloisons intérieures également réalisées en terre chanvre

L’utilisation du terre-chanvre ne s’est pas limitée à l’isolation périphérique.

Certaines cloisons intérieures du rez-de-chaussée ont également été réalisées avec une ossature bois et du terre-chanvre projeté.

Leur épaisseur est d’environ 10 cm.

L’objectif était ici différent de celui des murs extérieurs : il s’agissait principalement d’apporter davantage de masse et d’inertie à l’intérieur de la maison.

La terre présente dans ces cloisons peut absorber une partie de la chaleur lorsque la température augmente, puis la restituer progressivement lorsque l’ambiance se refroidit.

Ce phénomène contribue à limiter les variations rapides de température.

Le terre chanvre améliore-t-il le confort d’été ?

La question du confort estival prend une importance croissante, particulièrement dans les villes où les épisodes de fortes chaleurs sont fréquents.

La maison présentée dans l’épisode offre un retour d’expérience intéressant.

Lors de l’enregistrement, alors que la température extérieure approchait les 35 °C à Bordeaux, l’intérieur du logement conservait une agréable sensation de fraîcheur.

Ce résultat ne peut toutefois pas être attribué uniquement au terre-chanvre.

Il découle d’une combinaison de stratégies architecturales et thermiques.

Associer isolation, inertie et protections solaires

Plusieurs dispositions ont été intégrées au projet :

  • Une isolation intérieure importante en terre-chanvre.
  • Des cloisons contenant de la terre crue pour augmenter l’inertie.
  • La conservation des volets persiennés d’origine sur la façade sud.
  • Une organisation des volumes favorisant la circulation de l’air.
  • Des protections solaires adaptées aux ouvertures.
  • Des brasseurs d’air installés à l’étage.

La présence de terre dans les parois permet notamment de mobiliser une certaine capacité de stockage thermique.

Les protections solaires, quant à elles, évitent qu’une quantité excessive de chaleur pénètre dans le logement par les fenêtres.

La ventilation nocturne peut ensuite contribuer à évacuer la chaleur accumulée, lorsque les conditions extérieures le permettent.

Des brasseurs d’air installés après l’emménagement

Un autre choix intéressant concerne les brasseurs d’air.

Plutôt que d’installer immédiatement tous les équipements envisageables, l’architecte et les propriétaires ont préféré observer les conditions réelles de confort après l’emménagement.

À la suite des premiers épisodes de canicule, des brasseurs d’air ont été ajoutés dans les espaces de l’étage.

Ils permettent d’améliorer le confort ressenti en été grâce au mouvement de l’air.

En hiver, leur fonctionnement peut également contribuer à homogénéiser les températures entre les parties hautes et basses des volumes.

Cette démarche illustre un principe essentiel de la rénovation frugale : ne pas multiplier les équipements par anticipation, mais adapter progressivement le logement à ses besoins réels.

Terre chanvre et autres matériaux biosourcés : une rénovation cohérente

Si le terre-chanvre occupe une place centrale dans la rénovation, il s’inscrit dans une sélection plus large de matériaux naturels.

Une isolation de toiture en coton, lin et chanvre

Les combles de la maison ont été entièrement aménagés pour accueillir une partie des chambres.

La toiture, auparavant non isolée, a reçu environ 28 cm d’un isolant associant coton, lin et chanvre.

Le choix de cette épaisseur résultait d’un arbitrage entre deux objectifs : conserver une hauteur confortable sous toiture et assurer une isolation thermique suffisante.

Cette solution complète le travail réalisé sur les murs tout en privilégiant une autre famille d’isolants biosourcés.

Des enduits en terre crue et des parquets cloués

À l’intérieur, les enduits en terre crue constituent la principale finition des murs isolés en terre-chanvre.

Le bois occupe également une place importante dans les aménagements.

Les parquets ont notamment été cloués sur les solives plutôt que collés.

Mathilde Saravia explique chercher à limiter l’utilisation de colles dans ses projets, afin de privilégier des modes d’assemblage plus simples et de limiter les produits ajoutés.

Les essences de bois ont par ailleurs été sélectionnées en tenant compte de leur provenance, avec une recherche de matériaux français et locaux.

Le réemploi des matériaux complète la démarche terre chanvre

L’une des originalités du chantier réside dans la place accordée au réemploi.

Lors de la rénovation, plusieurs éléments ont dû être déposés, notamment certaines anciennes solives devenues inadaptées à leur fonction initiale.

Plutôt que de les évacuer, les propriétaires et l’architecte ont cherché à leur donner une nouvelle utilisation.

Un atelier construit avec près de 90 % de matériaux de réemploi

Dans le jardin, un petit atelier a ainsi été reconstruit presque entièrement avec les matériaux récupérés sur le chantier.

On y retrouve notamment :

  • Les anciennes solives de la maison, utilisées pour la nouvelle ossature.
  • Le surplus de terre-chanvre, réemployé pour isoler les murs.
  • Des anciens parquets du début du XXe siècle, transformés en parements intérieurs.
  • Une toiture végétalisée qui complète l’aménagement de l’atelier.

Selon l’architecte, environ 90 % des matériaux utilisés pour cet atelier proviennent du réemploi.

Ce résultat montre l’intérêt de réfléchir à la destination des matériaux déposés dès les premières phases du projet.

Il rappelle également que les matériaux de réemploi peuvent être associés à des techniques de construction contemporaines, dès lors que leur nouvel usage est adapté.

Quelles sont les contraintes d’un chantier en terre chanvre ?

L’utilisation de terre-chanvre projeté comporte plusieurs contraintes pratiques.

Celles-ci doivent être intégrées dès la conception, car elles influencent fortement l’organisation des travaux.

La projection nécessite du matériel et de l’espace

Dans cette maison située en plein centre-ville de Bordeaux, les conditions d’intervention étaient particulièrement contraignantes.

Le chantier se trouvait dans un tissu urbain dense, avec des accès limités et des maisons voisines proches.

La projection nécessitait l’installation d’une machine, son alimentation et la gestion des matières premières.

L’artisan spécialisé Thomas Laporte, davantage habitué à intervenir dans des environnements ruraux, a dû adapter ses pratiques à ces contraintes urbaines.

La question des nuisances sonores était notamment importante.

Le temps de séchage du terre chanvre

L’autre difficulté majeure concerne le séchage.

Contrairement à une isolation sèche posée sous forme de panneaux, la projection de terre-chanvre apporte une quantité importante d’eau dans le bâtiment.

Cette eau doit ensuite pouvoir s’évacuer avant la réalisation des finitions.

Sur ce chantier, la projection a commencé en septembre, relativement tard dans la saison.

Le séchage s’est donc déroulé en automne et en hiver, dans des conditions moins favorables que pendant la période estivale.

Il a fallu attendre environ trois mois, voire davantage sur certaines parois, avant de pouvoir appliquer les enduits de finition.

Ce délai correspond aux conditions particulières du chantier et ne constitue pas un temps de séchage systématique.

La durée dépend notamment :

  • De l’épaisseur de terre-chanvre projetée.
  • De la quantité d’eau présente dans le mélange.
  • De la température et de l’humidité ambiantes.
  • Des possibilités de ventilation.
  • De la saison de réalisation des travaux.

Dans le cas présenté, une façade encore humide a même conduit à reporter une intervention pourtant déjà programmée.

L’état de séchage a été apprécié par l’artisan spécialisé avant la poursuite des finitions.

Une coordination indispensable entre les entreprises

Neuf entreprises sont intervenues dans cette maison, sur des surfaces relativement restreintes.

La coexistence d’une filière humide avec les autres métiers a nécessité une organisation particulièrement attentive.

En effet, tant que certains ouvrages en terre-chanvre ne sont pas suffisamment secs, d’autres interventions peuvent être retardées : revêtements de sol, menuiseries intérieures, finitions ou mobilier.

Mathilde Saravia souligne ainsi l’importance du dialogue entre les artisans, de la présence du maître d’œuvre et de l’anticipation des contraintes propres à chaque métier.

L’un de ses principaux enseignements est qu’il faut multiplier les échanges dès le démarrage du chantier, notamment lorsque les entreprises ne sont pas habituées à travailler avec ces matériaux.

Un chauffage simplifié grâce à l’isolation et à l’architecture

Au-delà de l’isolation des murs en terre-chanvre, la rénovation a été pensée pour réduire les besoins énergétiques de la maison.

L’organisation intérieure a notamment été profondément transformée, avec la création de deux doubles hauteurs reliant le rez-de-chaussée et l’étage.

Ces ouvertures entre les niveaux facilitent la circulation de l’air et permettent de mieux exploiter la chaleur produite par le chauffage.

Un poêle à granulés comme principal chauffage

Alors que la maison possédait auparavant un réseau de radiateurs hydrauliques en fonte, l’architecte et les propriétaires ont choisi de ne pas reconstituer un système complet de distribution d’eau chaude.

Un poêle à granulés installé en position centrale assure désormais le chauffage du logement.

La circulation de la chaleur entre les espaces est favorisée par l’organisation des volumes.

Les matériaux en terre présents dans les murs et les cloisons participent également à la stabilité des températures intérieures.

Ce choix permet de limiter les réseaux techniques et les travaux associés.

Une ventilation simple et un chauffe-eau solaire

Les autres installations ont été choisies selon la même logique de simplicité.

La ventilation est assurée par une VMC simple flux hygroréglable de type A, compacte et intégrée dans un placard.

La production d’eau chaude sanitaire est confiée à un système solaire thermique comprenant deux panneaux d’environ 2 m² et un ballon d’environ 300 litres.

Ce dispositif est destiné à répondre aux besoins d’une famille de quatre personnes.

Quel est le coût d’une rénovation avec du terre chanvre ?

Le projet bordelais a représenté un investissement d’environ 2 100 € HT/m² de travaux, hors études et honoraires de conception.

Ce montant correspond à une rénovation-restauration complète, et non au seul coût de l’isolation en terre-chanvre.

Il comprend notamment :

  • Le désamiantage.
  • Le curage et les démolitions.
  • Les reprises de structure et de planchers.
  • L’isolation en terre-chanvre et les autres travaux d’isolation.
  • Les nouveaux équipements techniques.
  • Les finitions intérieures.
  • Les aménagements du jardin et de l’atelier.

Ce retour d’expérience montre qu’une rénovation faisant largement appel aux matériaux bio et géosourcés peut s’inscrire dans un budget comparable à celui de certaines rénovations conventionnelles de même ampleur.

Il n’est toutefois pas possible d’en déduire un prix au mètre carré de l’isolation terre-chanvre à partir de ce seul chantier.

Ce coût dépend notamment des épaisseurs, des surfaces, de la préparation du support, de l’accessibilité et des conditions d’intervention.

Le terre chanvre au service d’une architecture frugale

La rénovation présentée par Mathilde Saravia s’inscrit également dans une démarche de labellisation Bâtiment frugal bordelais.

Ce dispositif volontaire valorise les projets qui cherchent à réduire leur impact environnemental et à améliorer leur adaptation aux enjeux climatiques.

L’intérêt de cette démarche ne réside pas uniquement dans l’obtention d’un label.

Pour l’architecte, elle constitue surtout un cadre méthodologique permettant d’examiner l’ensemble des caractéristiques du projet : performances thermiques, caractéristiques des ouvertures, qualité des matériaux, confort et impacts environnementaux.

Dans cette maison, le terre-chanvre n’est donc pas un choix isolé.

Il s’intègre dans une réflexion qui associe :

  • La préservation du patrimoine bâti.
  • La compatibilité des matériaux avec les murs anciens.
  • La réduction des besoins énergétiques.
  • Le confort d’hiver et d’été.
  • Le réemploi des ressources existantes.
  • La simplicité des équipements.
  • La qualité architecturale et les usages des habitants.

C’est cette cohérence qui donne tout son sens à la démarche.

Conclusion : le terre chanvre, une solution inspirante pour rénover le bâti ancien

Cette rénovation bordelaise montre que le terre-chanvre peut jouer un rôle central dans la transformation écologique d’une maison ancienne en pierre.

Grâce à son association de terre crue et de chanvre, il permet de réunir dans un même matériau plusieurs qualités recherchées en rénovation : isolation thermique, contribution à l’inertie, gestion des transferts de vapeur d’eau et utilisation de ressources naturelles.

Son emploi nécessite néanmoins une véritable expertise, en particulier pour la préparation des supports, le dimensionnement, la projection et le séchage.

Au-delà du matériau lui-même, ce projet rappelle surtout qu’une rénovation réussie repose sur une vision globale.

Le terre-chanvre apporte ici une réponse cohérente parce qu’il s’associe à une conception architecturale adaptée, à des matériaux de réemploi, à des équipements simples et à une réelle implication des habitants.

L’enjeu n’est finalement pas seulement de mieux isoler, mais de rénover avec des matériaux adaptés, au bon endroit, dans les bonnes conditions et pour répondre aux besoins réels de ceux qui habitent le bâtiment.

C’est tout l’esprit de l’architecture frugale que Mathilde Saravia partage dans cet épisode de La Case Robinson.

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