Aujourd’hui je vous emmène sur un chantier de restauration d’un immeuble en pierre construit il y a plus de 200 ans en plein centre-ville de Bordeaux découvrir les enduits à la chaux.
Avec mes invités, Rémi et Mathieu nous parlons du travail réalisé sur la pierre présente ici du sol au plafond.
Car malgré la qualité architecturale du bâtiment, la pierre s’est dégradée au fil des ans et il est grand temps d’intervenir pour préserver la stabilité de l’immeuble et son exploitation dans de bonnes conditions.
Spécialistes du bâti ancien et de l’usage de la chaux, mes invités nous expliquent pourquoi et comment ils ont utilisé des enduits à la chaux pour offrir une seconde vie à ce bâtiment centenaire.
Jointoiement, enduit sacrificiel, correcteur thermique, isolation chaux chanvre, gestion de l’humidité, badigeon ou encore enduits décoratifs, les possibilités sont nombreuses avec la chaux et notamment grâce aux solutions prêtes à l’emploi des Chaux de Saint-Astier qui ont été utilisées sur ce chantier.
On détaille tout ça dans ce nouvel épisode.
Je vous souhaite une très bonne écoute !
Cet épisode a été réalisé avec le soutient des Chaux de Saint-Astier entreprise familiale française basée en Dordogne.
Chaux de Saint-Astier : https://www.saint-astier.com/





Enduit chaux : restaurer, protéger et embellir un bâtiment ancien en pierre
L’enduit chaux occupe une place essentielle dans la restauration du bâti ancien. Compatible avec les murs en pierre, perspirant, esthétique et durable, il permet à la fois de préserver les supports, de gérer l’humidité, d’améliorer le confort thermique et de retrouver des finitions cohérentes avec le caractère patrimonial d’un bâtiment.
Dans cet épisode de La Case Robinson, Rémi Jan, responsable technique et commercial chez Chaux de Saint-Astier, et Mathieu Charasson, artisan spécialisé dans la maçonnerie ancienne et la taille de pierre, partagent leur retour d’expérience sur un chantier de restauration d’un immeuble en pierre de plus de 200 ans situé en plein centre-ville de Bordeaux.
Ce chantier est particulièrement intéressant car il réunit de nombreuses problématiques typiques du bâti ancien :
- murs en pierre dégradés ;
- remontées capillaires ;
- présence possible de salpêtre ;
- enduits anciens inadaptés ;
- besoin de consolidation structurelle ;
- recherche d’amélioration thermique ;
- choix de finitions compatibles avec la pierre ;
- respect du patrimoine architectural.
À travers cet exemple concret, l’épisode montre pourquoi l’enduit chaux reste une solution de référence pour restaurer un bâtiment ancien, à condition de bien comprendre le support, de choisir le bon type de chaux et de respecter les règles de mise en œuvre.
Pourquoi utiliser un enduit chaux dans le bâti ancien ?
Dans un bâtiment ancien en pierre, l’enduit n’est pas seulement une finition décorative. Il joue un rôle technique majeur. Il protège le mur, participe à la gestion de l’humidité et accompagne les mouvements naturels du bâtiment.
Contrairement à certains enduits modernes trop fermés, notamment ceux à base de ciment, l’enduit chaux laisse respirer le support. Cette qualité est fondamentale dans le bâti ancien, car les murs en pierre ne fonctionnent pas comme les parois contemporaines. Ils sont souvent épais, poreux et sensibles aux échanges d’humidité.
Un mur ancien peut absorber puis restituer de l’eau. S’il est recouvert d’un matériau trop étanche, l’humidité reste piégée dans la maçonnerie. À long terme, cela peut provoquer :
- des dégradations de la pierre ;
- l’apparition de sels ou de salpêtre ;
- le décollement des enduits ;
- une sensation de paroi froide ;
- une perte de confort intérieur ;
- des désordres esthétiques ou structurels.
L’enduit chaux, lorsqu’il est bien formulé, permet au contraire d’accompagner le fonctionnement naturel du mur. Il protège sans bloquer. Il régule sans enfermer. C’est précisément ce qui en fait un matériau adapté à la restauration des immeubles en pierre, des maisons anciennes, des murs en moellons ou des façades patrimoniales.
La préparation du support : l’étape la plus importante
L’un des messages forts de l’épisode est simple : avant de parler de finition, il faut parler du support.
Dans le bâti ancien, la réussite d’un enduit chaux dépend largement de la préparation du mur. Mathieu Charasson insiste sur ce point : un support mal préparé entraîne presque toujours des désordres. À l’inverse, un support bien repris permet de gagner du temps et d’obtenir un résultat durable.
La préparation peut comprendre plusieurs étapes :
- piquage des anciens enduits inadaptés ;
- retrait du plâtre, du ciment ou des peintures fermées ;
- dépoussiérage soigné ;
- purge des parties friables ;
- réouverture des joints ;
- remplacement de pierres abîmées ;
- consolidation des fissures ;
- humidification du support avant application ;
- vérification de la cohérence entre support, mortier et finition.
Dans le cas de l’immeuble bordelais présenté, certains murs étaient très dégradés. Il a donc fallu intervenir avant même d’envisager les enduits de finition. Des pierres ont été remplacées, des fissures verticales ont été reprises, des agrafes ont été posées et les maçonneries ont été consolidées avec des mortiers adaptés.
Cette logique est essentielle : un enduit chaux ne doit pas masquer un problème. Il doit venir après une analyse du support et, si nécessaire, après une phase de restauration structurelle.
Humidité, remontées capillaires et salpêtre : comprendre le fonctionnement d’un mur en pierre
L’un des grands sujets du chantier concerne la gestion de l’humidité. À Bordeaux, comme dans de nombreuses villes anciennes, les bâtiments en pierre peuvent être exposés à des remontées capillaires, en particulier au rez-de-chaussée.
Rémi Jan utilise une image très parlante : un mur en pierre fonctionne un peu comme un morceau de sucre trempé dans un liquide. L’eau remonte dans la matière par capillarité. Cette eau transporte avec elle différentes particules, notamment des sels minéraux. Lorsque l’eau s’évapore, ces sels peuvent cristalliser en surface. C’est ce que l’on appelle couramment le salpêtre.
Le salpêtre se manifeste souvent sous la forme d’une « barbe blanche » sur les pierres ou les enduits. Il n’est pas seulement inesthétique. Il peut aussi attaquer le liant du mortier et fragiliser les parties les plus tendres de la pierre.
Face à cela, il ne suffit pas d’appliquer un nouvel enduit et d’espérer que le problème disparaisse. Il faut d’abord identifier les causes d’humidité :
- remontées capillaires ;
- infiltration ;
- manque de ventilation ;
- anciens enduits trop fermés ;
- sols rapportant de l’humidité ;
- défauts d’entretien du bâtiment.
Un enduit chaux peut aider à gérer ces phénomènes, mais il ne constitue pas une solution miracle. Il doit s’intégrer dans une approche globale de la rénovation.
L’enduit chaux pouzzolane : un enduit sacrificiel contre le salpêtre
Sur le chantier, un mortier à base de chaux et de pouzzolane a été utilisé dans les zones soumises aux remontées capillaires. Ce type d’enduit est parfois qualifié d’enduit sacrificiel.
Son rôle est de capter une partie des sels contenus dans l’humidité qui migre à travers le mur. La pouzzolane agit comme un filtre. L’humidité peut continuer à s’évacuer, mais les sels sont retenus dans l’épaisseur de l’enduit, ce qui retarde leur apparition en surface.
L’idée n’est donc pas de bloquer l’humidité. Au contraire, l’enduit reste perspirant. Mais il offre une zone tampon, capable de stocker les sels pendant un certain temps.
Pour être efficace, ce type d’enduit doit généralement être appliqué en épaisseur suffisante. Plus l’épaisseur est importante, plus la capacité de stockage des sels est grande. Rémi Jan évoque une préconisation d’environ 3 cm lorsque c’est possible.
Cependant, il faut rester lucide : si les apports en eau ne sont pas traités, les sels finiront éventuellement par réapparaître. L’enduit chaux pouzzolane permet de retarder les désordres et d’améliorer la durabilité esthétique, mais il ne remplace pas une réflexion sur les causes de l’humidité.
Quelques bonnes pratiques sont rappelées :
- ne pas brosser le salpêtre, au risque de l’étaler ;
- aspirer les sels lorsqu’ils apparaissent ;
- évacuer les gravats pollués hors du chantier ;
- éviter de réutiliser sous dalle des matériaux contenant des sels ;
- laisser le mur sécher autant que possible ;
- choisir une finition suffisamment ouverte.
Choisir le bon type de chaux selon le support
L’épisode rappelle un point fondamental : utiliser de la chaux ne suffit pas. Encore faut-il choisir la bonne chaux.
Il existe plusieurs familles de chaux, notamment :
- la chaux aérienne ;
- la chaux hydraulique naturelle ;
- les chaux plus ou moins fortement hydrauliques, classées notamment NHL 2, NHL 3,5 ou NHL 5.
La chaux aérienne fait sa prise principalement à l’air. Elle est très souple, très adaptée aux finitions fines, mais elle sèche lentement lorsqu’elle est utilisée en forte épaisseur.
La chaux hydraulique naturelle, elle, fait sa prise à l’eau et à l’air. Elle présente des résistances mécaniques plus importantes. Elle peut être utilisée pour des corps d’enduit, des mortiers de réparation ou des applications demandant davantage de tenue.
La règle générale évoquée dans l’épisode est la suivante :
- plus la pierre est tendre, plus il faut privilégier une chaux tendre et faiblement hydraulique ;
- plus la pierre est dure, plus il est possible d’utiliser une chaux plus hydraulique ;
- les couches doivent rester cohérentes entre elles ;
- on évite de poser une finition plus dure sur une sous-couche plus tendre.
Cette logique de dégressivité des résistances est essentielle. Un enduit trop dur sur une pierre tendre peut provoquer des désordres, car il ne travaille pas de la même manière que le support.
Enduit chaux et correction thermique : améliorer le confort sans dénaturer le bâti
Au-delà de la restauration et de la gestion de l’humidité, le chantier présente aussi des solutions de correction thermique.
Dans les bâtiments anciens, il n’est pas toujours possible ou souhaitable d’ajouter une isolation intérieure épaisse. Les contraintes patrimoniales, les irrégularités des murs, les faibles surfaces ou les problématiques d’humidité peuvent limiter les solutions classiques.
L’enduit chaux correcteur thermique constitue alors une option intéressante. Il ne remplace pas toujours une isolation complète, mais il améliore le confort des parois et réduit la sensation de mur froid.
Sur ce chantier, Rémi Jan et Mathieu Charasson évoquent notamment un enduit allégé à base de chaux et de billes de verre expansé. Ce type de produit présente plusieurs avantages :
- poids fortement réduit par rapport à un mortier chaux-sable classique ;
- meilleure maniabilité pour l’artisan ;
- intérêt évident dans un immeuble à plusieurs étages ;
- possibilité d’appliquer des épaisseurs importantes ;
- amélioration du pouvoir isolant ;
- compatibilité avec certains supports anciens ;
- gain de temps sur la manutention et la préparation.
Un enduit classique peut représenter environ 17 kg par mètre carré et par centimètre d’épaisseur, tandis qu’un enduit allégé peut descendre autour de 3,5 kg. Sur un chantier urbain avec cinq niveaux à monter, cette différence change considérablement les conditions de travail.
Ce type d’enduit peut être appliqué en plusieurs centimètres d’épaisseur, parfois jusqu’à 10 cm selon les produits et les configurations. Lorsque l’épaisseur est importante, l’application se fait généralement en plusieurs passes.
L’enduit chaux-chanvre : confort, acoustique et paroi tiède
Autre solution abordée : l’enduit chaux-chanvre.
Ce matériau associe un liant à base de chaux et une fibre végétale, le chanvre. Il est apprécié pour ses qualités hygrothermiques, sa capacité à améliorer le confort intérieur et son rendu chaleureux.
L’enduit chaux-chanvre peut apporter :
- une correction thermique ;
- une amélioration acoustique ;
- une sensation de paroi moins froide ;
- une meilleure régulation de l’humidité intérieure ;
- une finition naturelle et texturée ;
- un intérêt décoratif.
Mathieu Charasson explique que ce type d’enduit modifie fortement le ressenti d’une paroi. Le mur n’est pas « chaud » au sens strict, mais la sensation de rayonnement n’est plus la même qu’avec une paroi froide en pierre ou en plâtre.
Traditionnellement, le chaux-chanvre est préparé en mélangeant séparément la chaux, l’eau et la chènevotte. Cela demande un certain savoir-faire et peut être fastidieux. Sur le chantier, les intervenants ont testé une solution prête à l’emploi, où la chaux et la fibre sont déjà mélangées dans le sac. L’objectif est de faciliter la mise en œuvre, de sécuriser les dosages et de rendre l’application possible à la main ou à la machine.
L’enduit chaux-chanvre demande toutefois une vigilance particulière : le séchage. Il doit être appliqué dans un environnement ventilé. En cas de mauvaise ventilation, surtout en hiver ou dans un bâtiment non occupé, le temps de séchage peut être très long. Les intervenants évoquent un ordre de grandeur d’environ une semaine par 2 cm d’épaisseur dans de bonnes conditions, mais cette durée varie fortement selon la saison, la ventilation et l’humidité ambiante.
Quelles finitions sur un enduit chaux ?
L’enduit chaux offre une grande variété de finitions. Selon le support, la pièce et l’effet recherché, il est possible de réaliser :
- des enduits grattés ;
- des finitions talochées ;
- des finitions décoratives fines ;
- des badigeons de chaux ;
- des peintures minérales ;
- des effets plus texturés ;
- des finitions colorées avec pigments naturels ou oxydes.
Sur un support ancien soumis à l’humidité, il est souvent préférable de conserver une finition ouverte, avec une granulométrie suffisamment importante pour laisser migrer l’humidité et permettre l’évacuation éventuelle des sels.
À l’inverse, dans une pièce sèche ou sur un support sain, des finitions plus fines peuvent être envisagées.
Le badigeon de chaux est présenté comme une solution simple, économique et esthétique. Il se compose généralement de chaux, d’eau, de pigments et parfois d’un fixateur comme la caséine. La caséine permet de mieux fixer le badigeon et d’éviter qu’il ne poudre.
Les pigments naturels et les oxydes permettent d’obtenir une palette assez large, même si certaines couleurs résistent moins bien aux UV, notamment les bleus, les verts ou certains rouges. En intérieur, les contraintes sont plus faibles, mais la lumière peut tout de même faire évoluer la teinte dans le temps.
Enduit chaux sur plâtre, plaque de plâtre ou supports difficiles
L’épisode aborde aussi le cas des supports plus contemporains ou plus difficiles : plâtre, plaques de plâtre, Fermacell, anciennes peintures, voire OSB dans certaines conditions.
Tous les enduits chaux ne sont pas adaptés à ces supports. Il existe cependant des produits spécifiques, formulés pour améliorer l’adhérence. Même dans ce cas, la préparation reste essentielle.
Un test d’adhérence peut être réalisé avant d’engager une surface importante :
- appliquer une couche d’enduit ;
- intégrer une trame en fibre de verre ;
- recouvrir avec une seconde couche ;
- laisser sécher ;
- tirer sur la trame ;
- vérifier si l’enduit reste accroché au support.
Si la peinture ou le support se décolle avec l’enduit, il faut reprendre la préparation : ponçage, décapage, sablage ou traitement adapté.
Cette méthode illustre bien la prudence nécessaire dans les chantiers de rénovation. Chaque support doit être observé, testé et préparé avant application.
Enduit chaux dans les pièces humides : prudence et ventilation
La chaux peut être utilisée dans certaines pièces humides, mais toutes les solutions ne conviennent pas à toutes les situations.
Les intervenants rappellent qu’une pièce d’eau doit avant tout être correctement ventilée. Salle de bain, salle d’eau, cuisine, WC : dans tous ces espaces, la gestion de la vapeur d’eau est déterminante. Une VMC efficace, permanente et bien dimensionnée est indispensable.
Il faut également éviter certains réflexes. Ouvrir une fenêtre après une douche chaude peut sembler logique, mais cela peut parfois provoquer des phénomènes de condensation si l’air humide se plaque sur des parois froides.
L’enduit chaux-chanvre, par exemple, n’est pas recommandé dans une zone durablement humide, mal ventilée ou directement exposée à l’eau. La présence de fibre végétale impose des précautions. Dans ce type de configuration, un enduit allégé à base de billes de verre expansé peut être plus adapté.
Pour les douches ou les plans de travail, des techniques comme le tadelakt peuvent être envisagées, mais elles demandent un savoir-faire, une mise en œuvre rigoureuse et un entretien régulier. Ces finitions sont belles, mais elles ne doivent pas être présentées comme des solutions sans contrainte.
Accepter la vie d’un enduit naturel
Un enduit chaux n’est pas une peinture plastifiée ni un revêtement totalement lessivable. Il vit, se patine, peut se marquer et se réparer.
Dans une maison familiale, un couloir, une cage d’escalier ou une pièce de vie, il faut accepter une certaine fragilité. Une trace de main, un choc, une tache ou une rayure peuvent apparaître. Mais l’avantage de la chaux est aussi sa réparabilité.
Il est souvent possible de :
- poncer très légèrement une tache ;
- dépoussiérer ;
- reprendre localement un badigeon ;
- refaire une petite zone ;
- appliquer une nouvelle passe de finition ;
- redonner de l’unité à un mur avec une couche de chaux.
Cette logique est différente de celle des revêtements industriels. Elle suppose d’accepter la matière, son vieillissement et son entretien. Mais elle offre aussi une esthétique plus vivante, plus douce et plus cohérente avec un habitat ancien.
Respecter le patrimoine tout en adaptant le bâtiment aux usages actuels
Le chantier présenté illustre un équilibre délicat : restaurer un immeuble ancien tout en l’adaptant à de nouveaux usages. Le maître d’ouvrage souhaite créer un ensemble mêlant bureaux et logements, tout en respectant l’identité patrimoniale du bâtiment.
Cela implique de prendre en compte :
- la conservation des éléments anciens ;
- la restauration de la façade ;
- le choix de menuiseries cohérentes ;
- la préservation de la pierre ;
- l’amélioration du confort intérieur ;
- l’utilisation de matériaux plus sains ;
- la compatibilité entre techniques anciennes et besoins contemporains.
L’enduit chaux répond bien à cette recherche d’équilibre. Il permet de restaurer sans dénaturer, d’améliorer sans enfermer, de protéger sans rompre avec le fonctionnement du bâti.
Les enseignements clés à retenir sur l’enduit chaux
Cet échange avec Rémi Jan et Mathieu Charasson permet de retenir plusieurs enseignements essentiels.
1. Le support passe avant la finition
Un bel enduit chaux commence par un mur bien préparé. Piquage, purge, dépoussiérage, consolidation, humidification : ces étapes conditionnent la réussite du chantier.
2. La chaux doit être adaptée au support
Toutes les chaux ne se valent pas. Le choix dépend de la nature de la pierre, de sa dureté, de l’exposition du mur, de l’épaisseur prévue et de la finition recherchée.
3. L’humidité doit être comprise, pas seulement cachée
Un enduit ne doit pas masquer un problème d’eau. Les remontées capillaires, les sels et le salpêtre doivent être analysés. Les enduits sacrificiels à base de pouzzolane peuvent aider, mais ils ne remplacent pas une gestion globale de l’humidité.
4. Les enduits correcteurs thermiques améliorent le confort
Les solutions à base de chaux allégée ou de chaux-chanvre permettent d’améliorer le ressenti des parois anciennes. Elles sont particulièrement intéressantes lorsque l’isolation classique est difficile à mettre en œuvre.
5. La ventilation est indispensable
Dans les pièces humides, la ventilation conditionne la durabilité des enduits. Une mauvaise gestion de la vapeur d’eau peut provoquer des désordres, même avec des matériaux perspirants.
6. La chaux offre une grande liberté esthétique
Enduit gratté, taloché, badigeon, finition colorée, pigments naturels, aspect décoratif : l’enduit chaux permet de nombreuses expressions, tout en restant compatible avec le bâti ancien.
7. Un enduit naturel se patine et se répare
La chaux n’est pas un revêtement figé. Elle vieillit, se marque parfois, mais elle peut aussi se reprendre facilement. C’est un matériau vivant, adapté à une approche durable de la rénovation.
Conclusion : l’enduit chaux, un allié majeur de la rénovation écologique et patrimoniale
L’enduit chaux est bien plus qu’un choix esthétique. Dans le bâti ancien, il constitue une réponse technique, patrimoniale et écologique. Il respecte les murs en pierre, accompagne les échanges d’humidité, permet des finitions naturelles et contribue à améliorer le confort intérieur.
Le chantier présenté par Rémi Jan et Mathieu Charasson montre toute la richesse de ce matériau. Enduit sacrificiel contre le salpêtre, mortier de jointoiement, correcteur thermique, chaux-chanvre, badigeon coloré, finition décorative : les usages sont nombreux, à condition de choisir la bonne solution au bon endroit.
Restaurer un bâtiment ancien demande du temps, de l’observation et du discernement. L’enduit chaux s’inscrit parfaitement dans cette logique. Il oblige à comprendre le support, à respecter la matière existante et à accepter que le bâtiment continue de vivre.
C’est précisément cette intelligence du bâti qui fait la force de la chaux : elle ne cherche pas à imposer une solution standardisée, mais à dialoguer avec l’existant.
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