Maison passive et biosourcée – Camille Sifferlen

  • Accueil
  • -
  • Blog
  • -
  • Maison passive et biosourcée – Camille Sifferlen

Je reçois Camille Sifferlen pour parler de bâtiment passif et de la maison passive qu’elle a conçue et co-construite en Alsace.

Camille est architecte et formatrice spécialisée dans les bâtiments passifs. On détaille dans cet épisode ce qu’est le passif, et surtout ce que ça implique quand on veut concevoir et construire un projet passif.

Quelle architecture, quels matériaux, quels systèmes, quel prix, et pour quel confort des occupants, on aborde dans le détail ce thème de la maison passive.

Et pour illustrer ce sujet, Camille raconte comment elle a elle-même conçu et co-construite sa propre maison passive en Alsace.

Un grand merci à Camille pour ce témoignage passionnant consacré aux maisons passives. Je vous souhaite une très bonne écoute !

Notes de l’épisode
Pour contacter Camille :

LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/camillesifferlen/
La Maison du Passif : https://lamaisondupassif.fr/
Les ressources mentionnées dans l’épisode :

La base de données des bâtiments passifs dans le monde : https://passivehouse-database.org/index.php?lang=en#k_
Livre : Maisons passives, concevoir, construire et habiter, Philippe Outrequin et Catherine Charlot-Valdieu –
Livre : PHPP illustrated, Sarah Lewis
Livre : Details for Passive houses, IBO
Le mantra partagé par mon invité-e :

“Sortir de sa zone de confort”


Maison passive : comprendre les principes, les choix techniques et le retour d’expérience d’une construction en Alsace

Construire une maison passive, ce n’est pas seulement chercher à réduire ses factures de chauffage. C’est concevoir un habitat confortable, sain, durable, peu énergivore et adapté aux enjeux climatiques actuels. Dans cet épisode de La Case Robinson, Camille Sifflerlen, architecte, formatrice et spécialiste du bâtiment passif, partage son expertise ainsi que le retour d’expérience très concret de la conception et de la construction de sa propre maison passive en Alsace.

À travers son témoignage, on comprend que le passif n’est pas une recette unique, ni un style architectural figé. C’est une méthode de conception rigoureuse, fondée sur la physique du bâtiment, qui cherche à réduire les besoins énergétiques dès l’enveloppe, avant même de penser aux systèmes techniques.


Qu’est-ce qu’une maison passive ?

Une maison passive est un bâtiment conçu pour avoir de très faibles besoins de chauffage et de refroidissement, tout en garantissant un haut niveau de confort et une bonne qualité de l’air intérieur.

Contrairement à une maison simplement conforme à la réglementation thermique actuelle, une maison passive va plus loin sur plusieurs points :

  • la performance de l’isolation ;
  • la qualité des fenêtres ;
  • l’étanchéité à l’air ;
  • la suppression ou la limitation des ponts thermiques ;
  • la ventilation performante ;
  • le confort d’hiver comme le confort d’été ;
  • la prévention des risques d’humidité et de moisissures.

L’objectif n’est donc pas seulement de consommer moins, mais aussi de créer un habitat plus agréable à vivre et plus pérenne.

Camille rappelle notamment que l’étanchéité à l’air joue un rôle essentiel dans la durabilité du bâtiment. Un bâtiment mal étanche laisse passer de l’air chaud et humide dans les parois. En hiver, cet air peut condenser dans l’enveloppe et provoquer des désordres : humidité, moisissures, dégradation des matériaux. Une maison passive bien conçue limite fortement ce risque.


Les grands principes de conception d’une maison passive

Pour atteindre le niveau passif, plusieurs leviers doivent être travaillés simultanément. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter beaucoup d’isolant. C’est l’ensemble du projet qui doit être pensé de manière cohérente.

1. Une bonne compacité

La compacité est un critère important. Plus un bâtiment est compact, moins il possède de surfaces d’enveloppe en contact avec l’extérieur. Il perd donc moins de chaleur.

Cela ne signifie pas qu’une maison passive doit obligatoirement être une boîte carrée. Camille insiste sur ce point : il existe une grande variété d’architectures passives, y compris des projets plus organiques ou moins compacts. En revanche, à budget limité, une forme simple et compacte facilite l’atteinte du niveau passif.

Une stratégie intéressante consiste à conserver un volume chauffé compact, puis à ajouter autour des espaces non chauffés ou des éléments architecturaux : terrasse, pergola, passerelle, abri, etc.

2. Une orientation favorable

L’orientation permet de tirer parti des apports solaires gratuits en hiver. Dans le cas de la maison de Camille, les principales ouvertures ont été orientées vers le sud, le sud-ouest et le sud-est.

L’enjeu est double :

  • capter suffisamment de soleil en hiver ;
  • éviter les surchauffes en été grâce à des protections solaires efficaces.

Une maison passive bien conçue ne cherche pas à maximiser aveuglément les surfaces vitrées. Elle cherche plutôt le bon équilibre entre apports solaires, pertes thermiques et confort d’été.

3. Une isolation performante

L’isolation est évidemment un pilier de la maison passive. Mais l’épaisseur nécessaire dépend du climat, de la forme du bâtiment, des performances des fenêtres et de l’ensemble du projet.

En Alsace, où les hivers sont froids, Camille a prévu une enveloppe très performante. Dans sa maison, les murs atteignent environ 40 cm d’épaisseur d’isolation répartie, avec une ossature bois isolée en ouate de cellulose, complétée par de la fibre de bois à l’extérieur et du Biofib Trio dans le vide technique intérieur.

En toiture, l’isolation atteint environ 50 cm de ouate de cellulose soufflée dans les combles non chauffés.

4. Des fenêtres performantes

Les fenêtres représentent souvent un point sensible de l’enveloppe. En maison passive, elles doivent limiter les pertes de chaleur tout en permettant des apports solaires utiles.

Le triple vitrage n’est pas systématiquement obligatoire dans tous les climats, mais en Alsace, il est particulièrement pertinent. Camille a donc choisi des menuiseries en triple vitrage avec cadres PVC à ouvrant caché. Ce choix, moins coûteux que des fenêtres bois-aluminium, permettait aussi de bien sur-isoler les cadres et de limiter les ponts thermiques de pose.

5. Une excellente étanchéité à l’air

L’étanchéité à l’air est l’un des points les plus caractéristiques d’une maison passive. Elle permet :

  • de réduire les pertes de chaleur incontrôlées ;
  • d’éviter les condensations dans les parois ;
  • d’améliorer le confort ;
  • de garantir le bon fonctionnement de la ventilation.

Dans la maison de Camille, l’étanchéité à l’air est principalement assurée par les panneaux d’OSB, avec des adhésifs soigneusement posés aux jonctions. Les réseaux électriques circulent dans un vide technique, ce qui évite de percer constamment la couche d’étanchéité.

Le résultat obtenu lors du test d’étanchéité est remarquable : un n50 de 0,32 volume par heure, alors que le seuil passif est fixé à 0,6. En comparaison avec une maison neuve réglementaire, la performance obtenue est environ dix fois meilleure.


Maison passive et idées reçues

L’interview permet aussi de déconstruire plusieurs idées reçues sur la maison passive.

Une maison passive n’est pas forcément une boîte carrée

La compacité aide, mais elle ne dicte pas obligatoirement l’esthétique du projet. Il existe des maisons passives très différentes les unes des autres. Le passif est un niveau de performance, pas un style architectural.

Une maison passive n’est pas forcément high-tech

L’idée du passif est même plutôt inverse : investir davantage dans l’enveloppe pour réduire les besoins et simplifier les systèmes. Dans une maison passive, le chauffage devient souvent un appoint, et non plus un système central très dimensionné.

Une maison passive peut “respirer”

Il ne faut pas confondre étanchéité à l’air et perspirance des parois. Une maison passive limite les fuites d’air incontrôlées, mais elle peut très bien être construite avec des parois ouvertes à la diffusion de vapeur d’eau, à condition que leur composition soit cohérente.

Il est donc possible de concevoir une maison passive avec des matériaux biosourcés : bois, paille, ouate de cellulose, chanvre, fibre de bois, enduits terre, etc.

Une maison passive n’est pas réservée aux très gros budgets

Construire passif implique souvent un investissement initial plus élevé, notamment en maison individuelle. Camille évoque un surcoût généralement situé autour de 10 à 15 %, selon les projets.

Cependant, ce surcoût peut être réduit par une conception simple, une bonne compacité, des choix techniques cohérents et, dans certains cas, une part d’autoconstruction. Dans les bâtiments collectifs ou tertiaires, le surcoût peut être beaucoup plus faible, voire nul, grâce à une meilleure compacité.


Le retour d’expérience de Camille : construire une maison passive en Alsace

Camille souhaitait construire une maison passive pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’elle accompagne et forme depuis des années sur ce sujet. Elle voulait donc vivre elle-même dans un bâtiment conforme aux principes qu’elle transmet.

Elle y voyait aussi une forme de sécurité à long terme : une maison peu dépendante de l’énergie est une protection contre la hausse future des coûts. Elle parle même de la maison passive comme d’une “complémentaire retraite”, parce qu’elle permet de réduire durablement les charges.

Aujourd’hui, sa maison affiche une consommation moyenne très basse : environ 57 € par mois pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire et l’électricité.

Une maison compacte de 120 m²

La maison fait environ 120 m² habitables, sur deux niveaux. Elle adopte une forme assez compacte pour limiter les coûts et faciliter l’atteinte du niveau passif.

Le projet comprend :

  • un rez-de-chaussée et un étage ;
  • une toiture en pente, adaptée au contexte local et au PLU ;
  • des espaces communs ouverts ;
  • un salon en double hauteur ;
  • un filet suspendu ;
  • de grandes ouvertures vers le jardin au sud-ouest.

Camille aurait aimé une architecture plus organique, mais les contraintes de budget et d’urbanisme l’ont conduite à une forme plus simple.

Une structure bois préfabriquée

La maison est construite en ossature bois préfabriquée. Ce choix répondait à plusieurs objectifs :

  • utiliser un matériau biosourcé ;
  • réduire la durée du chantier ;
  • limiter les nuisances pour le voisinage ;
  • bénéficier d’une bonne précision de mise en œuvre, importante pour le passif.

La préfabrication est particulièrement intéressante dans un projet passif, car la qualité d’exécution de l’enveloppe est déterminante.


Composition des parois : entre performance et matériaux naturels

La maison associe des matériaux conventionnels et des matériaux biosourcés.

Le plancher bas

Le plancher bas est réalisé en béton avec des hourdis isolés en polystyrène. Une couche complémentaire d’XPS a été ajoutée pour rattraper une différence de niveau.

Ce choix montre que la maison passive peut être le résultat de compromis. L’objectif n’est pas forcément d’être parfait sur tous les postes, mais de construire une solution cohérente, performante et réaliste.

Les murs extérieurs

De l’intérieur vers l’extérieur, les murs sont composés ainsi :

  • plaques de Fermacell ;
  • enduits terre ou chaux selon les pièces ;
  • vide technique isolé en Biofib Trio ;
  • panneau OSB assurant l’étanchéité à l’air ;
  • ossature bois isolée en ouate de cellulose ;
  • fibre de bois extérieure ;
  • enduit extérieur ouvert à la diffusion de vapeur.

Cette composition permet d’associer performance thermique, étanchéité à l’air, perspirance et matériaux à faible impact environnemental.

La toiture

Les combles non chauffés ont été isolés avec environ 50 cm de ouate de cellulose soufflée. Une partie en rampant a été isolée différemment à la suite d’un problème de coordination, avec de la laine minérale.

Ce retour d’expérience illustre l’importance de la communication entre concepteur, charpentier et entreprises sur un chantier passif.


Ventilation double flux : qualité de l’air et confort

Dans une maison passive, la ventilation joue un rôle central. Camille a installé une ventilation double flux, comme c’est le cas dans la majorité des projets passifs en climat froid ou tempéré.

Cette ventilation permet :

  • un renouvellement d’air permanent ;
  • une récupération de chaleur sur l’air extrait ;
  • une meilleure maîtrise de l’humidité ;
  • une filtration de l’air entrant ;
  • un confort acoustique amélioré, car il n’est pas nécessaire d’avoir des entrées d’air dans les fenêtres.

Dans son cas, les filtres noircissent rapidement, notamment à cause du chauffage au bois dans le voisinage. Cela montre l’intérêt d’une filtration de l’air neuf, même dans un contexte résidentiel.

Anticiper les réseaux dès la conception

Installer une ventilation double flux demande d’anticiper :

  • l’emplacement de la machine ;
  • le passage des gaines ;
  • la proximité des pièces humides ;
  • les bouches de soufflage et d’extraction ;
  • les silencieux acoustiques.

Camille recommande de placer la machine près d’un mur extérieur pour limiter les longueurs de conduits d’air neuf et d’air rejeté. Les pièces humides ont également été regroupées pour simplifier les réseaux.


Chauffage, rafraîchissement et eau chaude : des systèmes sobres

Une maison passive a très peu besoin de chauffage. Dans le cas de Camille, le chauffage est assuré par une petite pompe à chaleur air-air réversible, indépendante de la ventilation double flux.

Cette pompe à chaleur chauffe principalement le salon. La chaleur se répartit ensuite dans la maison, en partie grâce à l’organisation des espaces et à la ventilation. Certaines pièces peuvent être légèrement plus fraîches lorsque les portes sont fermées, mais cela reste compatible avec leur confort.

La fonction réversible permet aussi d’envisager un léger rafraîchissement en cas de canicules futures. Camille rappelle qu’une maison passive peut avoir un très faible besoin de refroidissement, à condition qu’il reste maîtrisé.

Une eau chaude sanitaire simple et économique

Pour l’eau chaude, Camille a choisi une solution très sobre :

  • un petit ballon électrique intelligent de 50 litres ;
  • un système de récupération de chaleur sur les eaux grises ;
  • un pommeau de douche à faible débit, autour de 6 litres par minute.

Le choix a été fait après comparaison avec un ballon thermodynamique. Dans son cas, le surcoût du ballon thermodynamique ne se justifiait pas, car les économies annuelles estimées étaient trop faibles par rapport à l’investissement initial.

Le récupérateur de chaleur sur eaux grises préchauffe l’eau froide grâce à la chaleur de l’eau évacuée de la douche. C’est un système simple, sans maintenance importante, qui améliore l’efficacité globale.


Confort d’été : un enjeu central pour la maison passive

La maison passive n’est pas seulement performante en hiver. Elle peut aussi offrir un très bon confort d’été, à condition d’être correctement conçue.

Les leviers utilisés sont :

  • une enveloppe très isolée ;
  • des vitrages performants ;
  • des protections solaires extérieures ;
  • une limitation des apports internes ;
  • une ventilation nocturne lorsque les températures baissent ;
  • éventuellement un très léger rafraîchissement en appoint.

Dans la maison de Camille, des volets roulants automatisés descendent lorsque le soleil frappe les façades. Il ne s’agit pas d’un système piloté par capteur, mais d’un réglage horaire adapté aux saisons.

Lors d’un épisode de canicule, la maison est restée autour de 26 °C au rez-de-chaussée et environ 27 °C à l’étage, malgré des nuits peu rafraîchissantes. Ce résultat montre l’intérêt d’une enveloppe performante, mais aussi la nécessité d’anticiper les canicules longues, de plus en plus fréquentes.


Revêtements intérieurs : terre, chaux et confort

Camille a accordé une grande importance aux matériaux intérieurs. Les murs sont principalement finis avec des enduits terre et des enduits chaux.

Les enduits terre

Les enduits terre n’ont pas été choisis pour isoler davantage la maison, puisque l’enveloppe était déjà très performante. Leur intérêt est plutôt :

  • esthétique ;
  • hygrométrique ;
  • sensoriel ;
  • acoustique ;
  • thermique, grâce à l’ajout d’un peu d’inertie.

Dans une maison à ossature bois, l’inertie est souvent plus faible que dans une construction maçonnée. Les enduits terre, associés aux plaques de Fermacell, permettent d’ajouter un peu de masse thermique.

Camille a réalisé de nombreux essais pour trouver la bonne recette d’enduit : terre, sable, fibres et quantité d’eau. Le mélange le plus concluant a été obtenu avec de la litière pour lapin comme fibre. Ce travail a été long, mais le résultat final est très apprécié.

Les enduits chaux

Les enduits chaux ont été utilisés notamment dans certaines pièces humides et sur des zones comme les crédences. Avec un travail de lissage et une protection adaptée, ils permettent d’obtenir un rendu proche du tadelakt sur certaines surfaces.

Ils se sont révélés plus rapides à mettre en œuvre que les enduits terre et moins coûteux que du carrelage sur certaines zones.


Chantier passif : les points de vigilance

Un chantier de maison passive demande une attention particulière, notamment sur la documentation et la qualité d’exécution.

Documenter les matériaux et les détails

Pour la labellisation, il faut prouver que les matériaux prévus ont bien été posés : isolants, épaisseurs, conductivités, traitement des ponts thermiques, etc. Camille a donc pris beaucoup de photos pendant le chantier.

Réaliser un test d’étanchéité intermédiaire

Le test d’étanchéité à l’air intermédiaire est essentiel. Il doit être réalisé lorsque la couche d’étanchéité est encore accessible. Ainsi, si des défauts sont détectés, ils peuvent être corrigés facilement.

Attendre la fin du chantier est beaucoup plus risqué, car la membrane ou les panneaux d’étanchéité sont alors cachés derrière les finitions.

Travailler avec des entreprises ouvertes

Camille explique qu’elle n’a pas toujours trouvé des entreprises spécialisées dans le passif. En revanche, certaines étaient curieuses, ouvertes et prêtes à adapter leurs pratiques. Cette attitude a été plus importante que la spécialisation initiale.

Le chantier a donc été un dialogue entre :

  • les connaissances théoriques de Camille ;
  • l’expérience pratique des artisans ;
  • les contraintes réelles de mise en œuvre ;
  • les objectifs de performance.

Le rôle de l’autoconstruction dans le projet

Pour tenir le budget, Camille et son conjoint ont réalisé une grande partie du second œuvre eux-mêmes :

  • électricité ;
  • réseaux ;
  • isolation du vide technique ;
  • murs intérieurs ;
  • plomberie ;
  • salle de bain ;
  • pose de la ventilation ;
  • faux plafonds ;
  • sols ;
  • certains meubles ;
  • finitions intérieures.

Ils estiment avoir réalisé environ 90 % du second œuvre.

Cette autoconstruction leur a permis de réduire les coûts, mais elle a aussi demandé beaucoup de temps, d’énergie et d’apprentissage. Camille retient notamment que certains outils auraient mérité d’être achetés plus tôt, car ils auraient permis de gagner un temps précieux.


Combien coûte une maison passive ?

Pour cette maison passive en Alsace, Camille évoque un coût d’environ 2 000 € TTC/m² habitable, hors cuisine, terrain et assurance, mais taxes incluses.

Avec le terrain, la cuisine et les autres frais, le coût global monte autour de 3 000 € TTC/m². Les aménagements extérieurs n’étaient pas encore inclus.

Ce chiffre est à interpréter avec prudence, car les prix ont fortement évolué pendant la période du chantier, notamment après le Covid. Il reste néanmoins intéressant : cette maison passive ne présente pas un coût totalement déconnecté des prix actuels de la construction neuve.


Vivre dans une maison passive : quel confort au quotidien ?

Après plus d’un an dans la maison, Camille souligne plusieurs bénéfices concrets.

Une température stable

Il n’est pas nécessaire de courir d’une pièce à l’autre pour régler les radiateurs. La maison reste naturellement confortable, avec très peu de chauffage.

Une bonne qualité de l’air

La ventilation assure le renouvellement de l’air sans avoir à ouvrir constamment les fenêtres. Il reste bien sûr possible de les ouvrir, mais ce n’est plus indispensable pour respirer un air sain.

Un grand calme intérieur

L’absence d’entrées d’air dans les fenêtres, la qualité de l’enveloppe et la ventilation bien conçue apportent un vrai confort acoustique.

Une fraîcheur appréciable en été

Lorsqu’il fait très chaud dehors, la différence de température intérieure est immédiatement perceptible. La maison donne parfois l’impression d’être climatisée, même sans rafraîchissement actif.

Des factures très faibles

Le faible niveau de consommation est évidemment l’un des grands avantages. Pour Camille, cette sobriété énergétique représente une forme de sérénité à long terme.


Maison passive et matériaux écologiques : une alliance possible

L’un des enseignements forts de cet épisode est qu’il est tout à fait possible de combiner maison passive et écoconstruction.

Une maison passive peut intégrer :

  • une ossature bois ;
  • de la ouate de cellulose ;
  • de la fibre de bois ;
  • du chanvre ;
  • des enduits terre ;
  • des enduits chaux ;
  • des matériaux perspirants ;
  • des solutions sobres et réparables.

Le passif n’impose pas nécessairement une architecture technologique ou des matériaux synthétiques. Il impose surtout une exigence de conception, de calcul et de mise en œuvre.


Ce qu’il faut retenir de cet épisode sur la maison passive

La maison passive est une approche globale de l’habitat. Elle ne se limite pas à une forte isolation ou à une ventilation double flux. Elle repose sur une cohérence d’ensemble entre architecture, enveloppe, systèmes, matériaux et usages.

Les principaux enseignements du témoignage de Camille sont les suivants :

  • une maison passive peut être confortable en hiver comme en été ;
  • elle peut être construite avec des matériaux biosourcés ;
  • elle n’a pas besoin d’être une boîte standardisée ;
  • elle demande une conception rigoureuse ;
  • l’étanchéité à l’air est un point clé ;
  • la ventilation double flux doit être anticipée dès les plans ;
  • les systèmes peuvent rester simples et sobres ;
  • le surcoût dépend fortement du projet ;
  • l’autoconstruction peut aider à maîtriser le budget ;
  • le confort quotidien est l’un des grands bénéfices du passif.

Au-delà des performances énergétiques, la maison passive apparaît ici comme un choix de long terme : un habitat plus sobre, plus stable, plus sain et mieux préparé aux évolutions climatiques et économiques.

La maison de Camille illustre parfaitement cette démarche. Elle montre qu’avec une conception attentive, des choix techniques cohérents et une vraie exigence de mise en œuvre, il est possible de construire une maison passive à la fois performante, chaleureuse et agréable à vivre.

Laissez un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

{"email":"Email address invalid","url":"Website address invalid","required":"Required field missing"}

POUR VOUS

> le guide gratuit pour un habitat plus écologique et plus sain
> + les 10 règles à suivre pour réussir un projet de rénovation