Il rénove un appartement au niveau Passif à Paris – avec Victor Hoppe

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Pour voir notre conversation en vidéo sur YouTube, cliquez sur l’image ci-dessous :

Parce que la maison est un abri, un lieu intime, parfois un miroir, mais aussi un lieu d’inspiration et de ressources, aujourd’hui je vous emmène dans la Case de Victor Hoppe.

Victor est un spécialiste de l’habitat passif. Il a mis à profit ses connaissances pour rénover son appartement parisien au standard passif, c’est-à-dire avec très très peu de besoins de chauffage.

D’ailleurs, une fois les travaux terminés, Victor a décidé de ne pas installer de radiateurs dans son logement.  

Dans cet épisode, il vous explique comment il a réalisé cette rénovation ambitieuse. 

Il décrit aussi quels obstacles il a rencontré et quelles solutions, souvent ingénieuses, il a trouvé pour les surmonter.

Avec Victor on parle d’isolant sous vide, des contraintes de travaux en co-propriété, de ventilation double-flux ou encore d’optimisation d’espace pour transformer un appartement de 31m2 en un logement très basse consommation.  

Merci à Victor de nous avoir partagé ce retour d’expérience, une discussion que nous avons enregistrée pendant le salon Passibat il y a quelques semaines.

Je suis ravi de vous proposer cette nouvelle conversation et vous souhaite un bon épisode !

Notes de l’épisode

Pour contacter Victor : 

Les ressources mentionnées dans l’épisode :

Citation

“Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.”

Travaux appartement

Résumé et points clés de l’épisode :

Un défi urbain relevé avec brio

Dans cet épisode de La Case Robinson, Victor Hoppe partage son retour d’expérience sur un projet ambitieux : la rénovation d’un appartement de 31 m² en plein Paris au standard de l’habitat passif. Un défi d’autant plus complexe qu’il s’est déroulé dans un cadre urbain dense, avec les contraintes propres aux copropriétés, à l’urbanisme parisien, et à la petite surface à préserver.

Au fil de la conversation, Victor décortique les choix techniques, les systèmes mis en œuvre, les erreurs comme les réussites, pour livrer un témoignage concret sur ce que signifie atteindre une performance énergétique exemplaire, même dans un petit logement.

1. Habitat passif : définition et objectifs en rénovation

1.1. Qu’est-ce qu’un habitat passif ?

Un habitat passif est un bâtiment conçu pour minimiser ses besoins en chauffage, tout en maximisant les apports solaires et les gains passifs. Cela repose sur trois piliers essentiels :

  • Une isolation thermique de très haut niveau (murs, toiture, fenêtres)

  • Une étanchéité à l’air irréprochable

  • Une ventilation double flux avec récupération de chaleur

Le tout permet de viser un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh/m²/an, soit 4 à 10 fois moins qu’un logement standard, selon les situations.

1.2. Le label EnerPHit pour la rénovation

Dans le cas d’une rénovation d’appartement, le label EnerPHit (la déclinaison du label PassivHaus) adapte ces exigences aux réalités du bâti existant. On y tolère des valeurs modulées selon le climat et les contraintes structurelles (ponts thermiques non traitables, par exemple).


2. Contexte : un appartement parisien classé F au DPE

2.1. Un bien vétuste mais prometteur

L’appartement concerné est situé au dernier étage d’un petit immeuble parisien, en copropriété, avec un DPE classé F, sans isolation, ni vitrages performants. Pour Victor, c’était l’occasion rêvée de repartir de zéro et de mettre en pratique ses années d’expertise sur le passif.

2.2. Des contraintes multiples à surmonter

Victor s’est heurté à de nombreux freins :

  • Interdiction d’isoler par l’extérieur (volumétrie protégée par les Architectes des Bâtiments de France)

  • Surface habitable très réduite

  • Complexité technique pour intégrer les réseaux

3. Isolation thermique : sobriété d’espace, haute technicité

3.1. Le choix radical de l’isolant sous vide

Ne pouvant isoler par l’extérieur, Victor a choisi une solution extrême mais efficace : l’isolant sous vide. Ce matériau high-tech offre un lambda exceptionnel (≈0,007 W/m.K), permettant d’obtenir un R≈7 m².K/W en seulement 5 cm d’épaisseur.

Mais cette solution implique :

  • Un coût élevé (≈200 €/m²)

  • Une logistique de pose complexe (ne pas percer, calepinage précis)

  • Une impossibilité de modifier les murs a posteriori

3.2. Intégration des réseaux et finitions

Ne pouvant intégrer les câbles électriques dans les murs, Victor a opté pour des prises au sol avec des modules inox. Les murs sont finis sans doublage technique, avec des zones renforcées là où des ancrages sont nécessaires.

3.3. Isolation des combles : retour au biosourcé

Les combles ont été isolés en ouate de cellulose soufflée, avec un fort bénéfice sur le confort hivernal et une pose différée pour raisons logistiques.


4. Menuiseries performantes et confort d’été

4.1. Triple vitrage + châssis bois certifié

Victor a installé des fenêtres triple vitrage avec châssis certifiés PassivHaus, en bois, imposés en partie par l’ABF. Ces menuiseries offrent un confort thermique d’hiver optimal, sans sensation de parois froides, et participent au faible besoin en chauffage.

4.2. Stores extérieurs screen pour l’été

L’appartement, très vitré et bien exposé, risquait la surchauffe estivale. Il a été équipé de stores screen microperforés, sélectionnés pour leur capacité de filtrage solaire jusqu’à 96 % tout en laissant passer la lumière. Une attention particulière a été portée à la couleur des toiles, facteur clé de performance.


5. Ventilation double flux : pilier de l’habitat passif

5.1. Pourquoi la double flux est incontournable

Victor rappelle que la ventilation double flux permet de :

  • Récupérer jusqu’à 90 % de la chaleur de l’air extrait

  • Réduire drastiquement les déperditions hivernales

  • Rafraîchir partiellement l’air en été

  • Assurer un air intérieur de qualité, sans courant d’air

5.2. Une solution ultra-compacte et innovante

Il a choisi une double flux très compacte, avec :

  • Échangeur en cuivre démontable (pas de consommables)

  • Régulation automatique CO₂ et humidité

  • Placement discret dans la cuisine

Pour éviter les réseaux, un module complémentaire gère le transfert d’air entre la chambre et la salle de bain.


6. Production d’eau chaude : instantané et récupérateur de chaleur

6.1. Abandon du ballon de stockage

Pour éviter les pertes de chaleur liées au stockage de l’eau chaude (≈30 % de la consommation ECS), Victor a choisi :

  • Un chauffe-eau instantané électrique

  • Couplé à un échangeur thermique sur eaux grises

Résultat : un système compact, efficace, économique, sans maintenance, idéal pour un petit logement.


7. Zéro radiateur : preuve de performance

7.1. Un confort thermique réel sans chauffage actif

Victor n’a installé aucun radiateur. En hiver, il n’a jamais eu froid. Il lui est arrivé ponctuellement d’utiliser la chaleur du four, preuve que l’enveloppe performante et les apports passifs suffisent.

7.2. Facture énergétique minime

Les dépenses électriques globales (chauffe-eau, VMC, éclairage, électroménager…) tournent autour de 30 €/mois, abonnement inclus. L’impact est donc visible autant en confort qu’en coût d’exploitation.


8. Enjeux techniques, erreurs et recommandations

8.1. Contraintes de chantier

  • Impossible d’utiliser certains matériaux biosourcés (épaisseur trop importante)

  • Artisans peu familiers avec les isolants sous vide

  • Puissance électrique à adapter à l’utilisation d’un chauffe-eau instantané

8.2. Une erreur à retenir

Une cloison de 5 cm, jugée non porteuse, a été supprimée. Elle était en réalité structurante, obligeant une reprise de charpente en urgence. Une leçon essentielle : toujours faire vérifier par un professionnel.


9. Conseils pour un projet passif réussi

9.1. S’entourer de bons professionnels

Victor insiste sur la compétence du bureau d’étude thermique, recommandant un concepteur CEPH (Concepteur Européen de Bâtiment Passif), même sans volonté de labellisation finale du projet .

9.2. Accepter les contraintes comme sources de créativité

Il considère que les contraintes (copro, surface, ABF) ont renforcé la qualité du projet en stimulant l’inventivité.


Conclusion : une rénovation d’appartement exemplaire

Ce témoignage démontre que même dans 31 m², il est possible d’atteindre un niveau d’efficacité énergétique remarquable. La rénovation d’appartement devient alors un terrain d’innovation et de démonstration, montrant que l’habitat passif n’est pas réservé aux maisons neuves ou aux grands budgets.

Ce projet est un exemple rare et précieux pour toutes celles et ceux qui souhaitent combiner qualité architecturale, performance thermique, respect du bâti ancien et vie urbaine.

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