Ecologie

Écologie et bâtiment : je t’aime moi non plus

Quand le bâtiment va, tout va. Énoncée pour la 1ère fois au 19ème siècle par le député Nadaud, cette formule illustre encore aujourd’hui l’importance du secteur de la construction dans l’économie. Pourtant, si le bâtiment est le moteur de la croissance, il apparaît aussi trop souvent comme le destructeur de notre environnement ! Tout va, oui, sauf le reste ! Comment donc concilier construction et écologie ? C’est tout l’objet de ce blog bien entendu. Mais est-ce vraiment un enjeu important en comparaison avec les autres secteurs d’activités ? Faut-il être jusqu’au-boutiste pour avoir de vrais résultats ? L’approche “les petits ruisseaux font les grandes rivières” est-elle réellement efficace ? Que choisir entre vivre dans une yourte, rénover son logement ou investir dans une maison à énergie positive ? Découvrez dans cet article les enjeux de l’écologie appliqués au bâtiment et agissez en pleine conscience !

Et si Trump avait raison ?

Tout d’abord, mettons-nous d’accord. Je me rappelle d’un tweet de Donald Trump lors d’un épisode de froid intense sur la côte Est des Etats-Unis. Il disait à peu près ceci : “Nous traversons l’hiver le plus froid jamais enregistré, peut-être pourrions nous utiliser le réchauffement climatique pour s’en protéger ? Mettons les accords de Paris au placard ! ”. Pragmatique ce Donald… Je ne vais pas ici entrer dans le débat des climatosceptiques. Vous le savez, à la différence de Trump semble-t-il, il y a une différence entre climat et météo. Pour rappel, voici quelques réponses claires sur ce qu’on entend trop souvent de la part des climatosceptiques :

  • “Le climat a toujours changé, ce n’est qu’un épisode de plus” : c’est vrai, le climat change tout le temps. Par exemple lorsque l’activité du soleil augmente, le climat se réchauffe. Ou encore lorsque des volcans entrent en éruption, alors il se refroidit à cause des particules libérées dans l’atmosphère. Seulement aujourd’hui il change, et se réchauffe du fait des émissions de gaz à effet de serre engendrées par les activités humaines. Ce n’est plus la nature le moteur du changement climatique, mais l’Homme. L’activité du soleil à même diminuée ces dernières années !
  • “Les scientifiques ne sont pas tous d’accord” : c’est faux, on estime que 97% des climatologues qui travaillent sur le sujet s’accordent à dire que le réchauffement climatique est réel et qu’il est d’origine humaine.
  • “Le changement climatique n’est pas grave, l’Homme et la planète s’adapteront” : les impacts négatifs sont déjà observables, nombreux et dans tous les pays. L’agriculture est perturbée par l’instabilité des réserves en eau (sécheresses, inondations…). La migration d’insectes vecteurs de maladies posent des problèmes de santé graves. De nombreux économistes et prix Nobel estiment également qu’il est bien plus coûteux de ne rien faire que d’agir aujourd’hui. Et on peut citer les aussi la fonte des glaces, l’élévation du niveau des mers, l’acidification des océans…

Donc Donald, si tu lis cet article, je t’invite vivement à lire le dernier rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur le changement climatique) sur le sujet !

Quel est le rôle du bâtiment dans l’équation globale ?

Notre façon d’habiter a t’elle un rôle dans tout cela ? Découvrons-le ensemble. Voici quelques éléments concrets concernant l’impact du secteur du bâtiment en terme de consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre.

44%

44%, c’est la part du secteur du bâtiment dans la consommation énergétique totale française. C’est le premier poste de consommation, devant les transports (32%), l’industrie (18%), la sidérurgie (3%) et l’agriculture (3%).

Le bâtiment est également aujourd’hui responsable de 22% des émissions de gaz à effet de serre en France. Réduire nos dépenses énergétiques est donc bien un enjeu essentiel pour participer à la préservation de notre environnement !

Par où commencer ?

On entend souvent que l’énergie la plus propre est celle que l’on ne consomme pas. Certes, mais cette affirmation atteint vite ses limites, car nous avons bien besoin de se chauffer, manger, communiquer, se déplacer, se soigner, bref, de vivre tout simplement. Il est donc plus utile de partir d’un état existant et de mettre en perspective les solutions possibles afin de faire les bons choix.

Du point de vue de la réduction des consommations d’énergie, il est par exemple plus efficace d’investir dans la rénovation d’un logement ancien plutôt que de mettre la même somme d’argent dans l’amélioration d’un logement récent. Les logements construits avant 1974* sont en effet rarement isolés. Ils sont même qualifiés de passoires thermiques. Les rénover permet bien souvent de diviser par 3 les consommations de chauffage, passant de 240 kWhep/m² à 80 kWhep/m² par exemple. Optimiser un logement plus récent permet également de réduire les dépenses de chauffage, mais le gain énergétique est plus faible car les “derniers” kWh sont les plus durs à aller chercher. On passera donc de 100 kWhep/m² à 50 kWhep/m² par exemple mais il sera très difficile d’aller au-delà avec un coût raisonnable. Dans le premier cas, l’économie de chauffage porte sur 160 kWhep/m², dans le second sur 50 kWhep/m². Cette réflexion a poussé les pouvoirs publics à favoriser la rénovation énergétique du bâti ancien par la mise en place de dispositifs incitatifs (aides financières, crédits d’impôts, accompagnement personnalisé…). Quand on sait que 55% des logements français ont été construits avant 1974*, on comprend que l’enjeu est grand.

Si votre logement est récent et déjà bien isolé notamment, voici 2 alternatives possibles pour réduire votre impact :

Vous pouvez investir dans une installation de production d’énergie renouvelable. Elle peut être installée chez vous ou bien chez un porteur de projet. Les structures comme Enercoop (fournisseur / producteur d’énergie verte) ou Lumo (épargne participative) peuvent vous accompagner.

Vous pouvez également bien entendu participer à la rénovation de logements anciens en soutenant des associations de lutte contre la précarité énergétique. Participer à un chantier collaboratif est un très bon moyen d’aider tout en apprenant beaucoup de choses utiles pour votre futur projet. Renseignez-vous autour de chez vous sur les chantiers en cours !

Yourte, rénovation ou maison à énergie positive ?

Tout dépend de vous ! Il y a probablement une solution idéale différente pour chacun d’entre nous. Le plus important comme le dit si bien Pierre Rabhi c’est de “faire sa part”. Pour le citer :

Commençons par choisir d’agir en harmonie avec nos convictions profondes pour faire chacun notre part de la solution et sortir de notre sentiment d’impuissance face à la dérive du progrès.

Prendre conscience des enjeux, agir, même modestement, partager et inspirer les autres permet petit à petit de transformer nos habitudes. L’écologie et le bâtiment ne sont pas antagonistes, bien au contraire, à condition de faire des choix éclairés tenant compte des interactions entre la nature et l’activité humaine. Il existe aujourd’hui de nombreuses construction dont l’impact environnemental est très faible, voir nul. C’est le cas par exemple des constructions utilisant des matériaux biosourcés. Il s’agit des matériaux comme le bois et tout ses dérivés, mais aussi les produits végétaux, ou encore les textiles recyclés, lorsqu’ils sont issus de filières de production gérées durablement. La ressource ne s’épuise pas, elle se renouvelle et participe ainsi à un cycle vertueux. Pour réconcilier écologie et bâtiment nous pouvons également citer bien sûr la production locale d’énergie renouvelable mais également les solutions dite “low-tech”. A ce sujet je vous invite à découvrir les travaux de Corentin de Chatelperron et son équipe au sein du Low-Tech Lab et de l’association Gold of Bengal. Ils recherchent, expérimentent et documentent les innovations techniques simples, accessibles et durables permettant de répondre aux problématiques économiques et environnementales. Un projet collaboratif inspirant et passionnant ! 

Vous êtes probablement familier du four solaire. Mais connaissez-vous la marmite norvégienne ? Ce dispositif permet une cuisson lente à basse température sans apport d’énergie. Il est très simple à installer chez vous. Le principe est le suivant :

  • Tout d’abord, il faut chauffer le plat de façon habituelle par la source d’énergie de votre cuisine pendant le quart du temps de cuisson total nécessaire.
  • Puis, placer le plat chaud dans la marmite norvégienne (simple caisse isolée) afin de poursuivre la cuisson sans apport d’énergie. Le plat cuit ainsi tout seul. Il faut compter environ le double du temps de cuisson avec cette technique. Mais l’avantage, outre les économies d’énergie, est que vous pouvez vaquer à vos occupations sans crainte car la source de chaleur est éteinte (feu, électricité…). 

Notes

*1974 : année suivant le premier choc pétrolier, au cours de laquelle a été mise en place les premières réglementations thermiques dans le secteur du bâtiment. Lisez le paragraphe “Le jour où tout a commencé” de l’article “Isolants écologiques vs laine de verre: David contre Goliath?” pour en savoir plus.

Pour aller plus loin

Vous trouverez ci-après une liste de ressources qui peuvent vous être utiles. 

Si cet article vous a plu, et que vous pensez qu’il peut être utile à l’un de vos proches, partagez-le autour de vous ! Si vous avez une remarque ou une question, laissez moi un commentaire en bas de cette page ! 

Enfin, si vous souhaitez appliquer dès aujourd’hui des actions simples pour améliorer votre maison et votre confort de vie, téléchargez le Petit Manuel du Robinson via l’un des formulaires présents sur le site. Vous serez également informé dès la publication d’un nouvel article. 

Merci d’être arrivé jusqu’ici 🙂 et à très vite pour un nouvel article ! 

Ressources

  • Le dernier rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur le changement climatique).
  • Plusieurs associations œuvrent en faveur des réfugiés climatiques ou sur le thème de la précarité énergétique. En voici quelques unes :
  • Investir dans les énergies renouvelables :
    • Enercoop : fournisseur et coopérative de producteur locaux d’électricité renouvelable.
    • Lumo : épargne participative pour les énergies renouvelables.
  • Low-Tech : découvrez le projet de recherche collaboratif Low-Tech Lab et les explorations de l’association Gold of Bengal.
Partager l'article:
  •   
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  

Cliquez ici pour laisser un commentaire

Recevez gratuitement le Petit Manuel du Robinson :)