11 conseils pour suivre son chantier comme un pro (ou presque)

C’est le grand jour ! 

Les travaux démarrent enfin ! Beaucoup d’excitation pour ce moment tant attendu. 

Cela fait des mois qu’on a cette idée en tête, qu’on consulte des artisans, des bouquins, des références sur internet pour choisir notre projet idéal…

Des mois donc qu’on prépare ces travaux. 

Et voilà, le jour J est arrivé. Ça commence aujourd’hui ! 

C’est alors un tout autre challenge qui s’annonce, notamment si vous n’êtes pas familier avec le suivi de travaux. 

Suivre son chantier c’est passionnant, mais cela peut aussi être une grosse source de stress. Mieux vaut donc s’y préparer avec quelques principes (de pro !).

D’abord, la plus grande interrogation porte sur le vocabulaire utilisé. En effet, les artisans emploient des termes spécifiques à leur métier, et il est normal que certains de ces mots nous soient inconnus. Mais alors, comment faire pour se faire comprendre et discuter de manière constructive ?”

Comment m’assurer que l’entreprise travaille bien ? Est-ce conforme à ce qu’on a demandé ? Le planning sera-t-il tenu ? Que faire s’il y a un imprévu, un problème ? 

Si vous avez engagé un architecte ou un maître d’œuvre alors vous êtes tranquille, c’est son métier de gérer ça pour vous.  

Mais si vous avez décidé de faire le suivi de chantier vous-même, alors cet article est fait pour vous !

Je partage ici les règles que j’applique sur chacun de mes chantiers. Ça me permet de contrôler que le travail est bien fait, que l’entreprise tient ses engagements, assume ses responsabilités et que le planning se déroule comme prévu !  

C’est moi qui pilote

Je l’ai expliqué dans l’article “Devis travaux : ma méthode pour faire le meilleur choix”, un chantier réussi commence d’abord par faire le bon choix d’entreprise

Si vous n’avez pas encore lu cet article, je vous invite à le faire avant de poursuivre (même si vous avez déjà choisi l’entreprise qui fera les travaux chez vous !). 

Mais avoir la bonne entreprise ne suffit pas. Il faut un “pilote” pendant le chantier. Une personne qui va suivre l’avancement et vérifier que tout est conforme. Et ce pilote, c’est vous 🚀 !

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“C’est moi qui pilote !”

Le rôle du pilote

Le pilote, que l’on appelle aussi le coordinateur travaux ou parfois le maître d’œuvre* a une mission clairement définie :

“Le “pilote” s’occupe de la conduite (😉) opérationnelle des travaux en matière de coûts, de délais et de choix techniques.”

*La mission du maître d’oeuvre ne se limite pas à la phase travaux. Elle intègre également la phase de conception de l’ouvrage. 

La maîtrise des coûts

Le pilote s’assure d’abord en amont que l’ensemble des coûts relatifs à la réalisation des travaux souhaités sont bien identifiés et acceptés par tous. 

Puis il vérifie que ce budget est respecté pendant le chantier. 

La gestion des délais

Le pilote doit faire appliquer le planning défini à l’avance. Il contrôle à l’avancement du chantier que les échéances sont tenues. Et il anticipe les phases à venir pour préparer la suite des travaux. 

L’expertise technique

Il a aussi une expertise qui lui permet de discuter des choix techniques avec les entreprises. Il ne réalise pas les travaux mais valide les choix et analyse la pertinence des solutions proposées par les entreprises.  

Comment devenir un Fangio ?

Suivre un chantier c’est donc un vrai métier. Cela ne s’improvise pas à la volée et vous n’allez pas devenir un expert en lisant cet article (What ?!!!).

Mais vous aurez des outils et des bases utiles pour suivre l’avancement des travaux et discuter avec les artisans plus sereinement.   

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“Par là c’est la droite n’est-ce pas ?”

1 – Faire un planning

Je commence par faire un planning. Je décris toutes les tâches, regroupées par lot, auxquelles j’applique une date de début, une durée (estimative), une date de fin ainsi que des conditions (par exemple telle tâche doit être terminée pour que telle autre puisse démarrer).

Vous pouvez faire cela sur un tableur Excel ou utiliser un logiciel spécialisé comme par exemple OpenProject. Cette forme de planning, avec enchaînement de tâches liées les unes aux autres s’appelle un diagramme de Gantt.

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Exemple de diagramme de Gantt d’un de mes chantiers récents

Je présente ce planning aux entreprises et leur demande leur avis pour affiner certaines étapes. Puis, quand tout est ok je l’envoie à toutes les entreprises. Sur les gros chantiers ce planning est signé par tous les intervenants. C’est un document contractuel. Dans notre cas, l’envoi par email est suffisant je pense. Les procédures c’est bien mais il faut rester mesuré de temps en temps pour ne pas crisper tout le monde dès le début 😅 !

2 – Prévenir ses voisins !

On l’oublie trop souvent.

Si les travaux sont réalisés dans le cadre d’un permis de construire, alors on a l’obligation d’afficher sur le site pendant la durée de l’instruction du permis la nature des travaux à venir (à la vue des passants, pas au fond du jardin 🙃). Les voisins sont donc a priori au courant, et ils peuvent même consulter en mairie le projet.

Mais si les travaux portent sur une rénovation intérieure, alors aucun affichage n’est obligatoire. 

Dans les 2 cas, je vous conseille fortement d’aller voir vos voisins et de les prévenir des travaux à venir ! Un chantier génère du bruit, de la poussière, des va-et-vient dans le quartier, etc. Ils seront sensibles à cette attention et accepteront d’autant plus facilement les nuisances occasionnées. 

Et puis peut-être auront-ils de bons conseils à vous donner à ce sujet (artisans, matériaux, démarches) ?

Santé !

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“Il se trouve que vous êtes chez moi…” 😂

3 – Faire un état des lieux

Avant le démarrage des travaux je réalise un reportage photo pour faire un état des lieux. Je prends en photo tout ce qui est dans l’emprise ou à proximité immédiate du chantier. Cela inclut donc les clôtures avec les voisins, l’état de la voirie devant le chantier, et bien sûr tous les biens sur le site. 

Il peut y avoir des dégâts inattendus pendant les travaux : détérioration d’un portail avec un engin de chantier, marques diverses sur le passage des artisans (au sol, sur les murs), etc.

En cas de problème, j’ai des photos de l’état avant travaux. C’est un peu comme quand vous louez une voiture (“pilote un jour…”). 

Si vous sentez que c’est nécessaire, vous pouvez également faire faire ce constat par un huissier. Je l’ai déjà fait sur un chantier où il fallait intervenir depuis la copropriété voisine avec un échafaudage. Les voisins avaient peur que l’on abîme la végétation* et ne voulait donc pas nous laisser intervenir. C’est un coût supplémentaire (environ 300 €), mais ça rassure souvent les 2 parties et permet de débloquer certaine situation.

*petit aparté “Silence ça pousse” 🌳: il s’agissait de 2 arbres Ginkgo. Saviez-vous que le Ginkgo est l’arbre le plus ancien au monde ? Il est apparu il y a 270 millions d’années. Et il est le seul à avoir survécu à Hiroshima. Malgré tout, les voisins se méfiaient de notre échafaudage…

4 – Contrôler les matériaux (et leur état)

Quand les matériaux arrivent sur le chantier, je vérifie 2 choses : 

  • qu’il s’agit bien du matériau demandé (marque, type, couleur, dimensions, etc.).
  • que l’état est impeccable, c’est-à-dire neuf sans marques ni accrocs.

Vous seriez surpris du nombre de fois où je constate une erreur ! En fait

ça arrive sur presque tous les chantiers. Voici des exemples :

  • Livraison d’un isolant en laine minérale au lieu d’un isolant en fibre de bois => j’ai fait retourner la marchandise et demandé la livraison du bon isolant.
  • Des portes intérieures sont livrées abîmées (il y a des marques sur le bois) => si c’est mineur je demande que ce soit rattrapé au ponçage avant la peinture, sinon je les fais remplacer.

Ce sont parfois des petits détails, mais mieux vaut être vigilant pour signaler ce qui ne va pas le plus tôt possible. Car une fois que le matériau est mis en œuvre c’est beaucoup plus compliqué pour faire marche arrière (“pilote toujours…”).

Ça peut donc vous éviter des discussions pénibles et aussi vous faire gagner du temps.

5 – Mettre à jour le planning !

C’est logique mais je le rappelle. Le planning mis en place au début du chantier doit être tenu à jour !

Pas besoin de le faire au jour le jour, mais je recommande de le faire une fois par semaine

Les journées passent très vite sur un chantier, donc on se retrouve rapidement avec des retards importants si l’on n’y fait pas attention. 

6 – Tenir à jour la facturation

Un chantier c’est une petite entreprise ! J’espère que vous aimez la compta 🤓 !

Vous devrez contrôler les factures envoyées par les artisans. On parle de “situations” lorsqu’il s’agit des factures intermédiaires. Il y en a généralement 3 ou 4 pendant le chantier pour chaque artisan :

  • la première facture d’acompte à la signature du devis (souvent 30% du montant global)
  • 2 factures d’avancement (25% chacune environ)
  • la facture finale (les 20% restant)

Selon le montant et la complexité des travaux ça peut être une simple formalité ou un vrai parcours du combattant. 

Pour ma part, je demande à l’entreprise les factures au format Excel pour pouvoir les analyser plus facilement. Ainsi, je vérifie que chaque ligne correspond bien à ce qui était chiffré dans le devis initial.

S’il y a des changements, cela permet de les retrouver plus vite également.

(si vous voulez en savoir plus sur la méthode que j’utilise pour contrôler les devis, vous pouvez également lire cet article)

7 – Prendre des photos

Le meilleur moment des travaux 😁 !

J’adore prendre des photos avant / après. On voit tout le chemin parcouru. 

Je vous conseille aussi d’en prendre pendant les travaux. D’abord parce que c’est souvent intéressant pour se rappeler comment ça a été construit. Et ensuite parce que ça permet de suivre l’avancement et d’avoir des “preuves” si vous avez besoin de faire un arrêt sur image à un moment donné. 

Conseil du Robinson : j’utilise l’application Evernote sur mon smartphone pour prendre la photo et ajouter des annotations en direct. Je peux aussi les classer dans des dossiers thématiques (salle de bain, peintures, gros oeuvre, etc.).

8 – Anticiper

“Le pilote qui voit loin ne fera pas chavirer son bateau.”

Vous connaissez la différence entre un bon et un mauvais pilote ? 😆

Le bon pilote, lorsqu’il suit un chantier, il ANTICIPE. 

Comme pour tout projet, une bonne gestion passe par l’anticipation des étapes à venir

Aidez-vous du planning que vous avez fait précédemment et interrogez les artisans pour savoir comment s’enchaîneront les différentes phases.

Essayez par exemple de regarder à l’avance la météo des jours suivants pour prévoir un plan B s’il pleut. Il y a souvent d’autres tâches qui peuvent être faîte en attendant. 

C’est très précieux pour garder le rythme sur le chantier et rester dans les délais. 

9 – Être disponible

Un chantier avance au jour le jour et ça peut aller vite. Pour rester maître de ce qui s’y passe il faut donc être présent. Je conseille de venir sur place tous les 2 jours si vous le pouvez. A minima, essayez d’être joignable par téléphone tous les jours.

Vous pouvez par exemple vous réserver un créneau de 30 min ou 1 heure chaque jour pour appeler l’entreprise et faire le point. Si vous ne pouvez pas vous déplacez, demandez aux artisans de vous envoyer des photos.

On peut déjà résoudre beaucoup de choses avec des photos et quelques échanges !

10 – Poser des questions

Vous n’êtes pas un-e expert-e. Et même si vous l’étiez vous seriez d’accord avec moi sur ce point : il faut poser des questions !

En interrogeant les artisans vous aurez les bénéfices suivants :

  • vous apprendrez beaucoup sur la façon dont va se dérouler le chantier
  • vous forcerez l’entreprise à visualiser comment elle va procéder
  • vous identifierez des choses à améliorer, à corriger, à supprimer
  • vous provoquerez des discussions, ce qui rend la journée plus agréable (voir le point suivant)

Les artisans adorent parler de leur métier, donc n’hésitez pas !

11 – Offrir le café ☕️ !

Ça pourrait être le premier point sur cette liste. Travailler dans le bâtiment est éprouvant. Il y a du bruit, de la poussière, du froid, du chaud, de la pluie, du soleil…

Une pause est donc la bienvenue. C’est un super moment pour échanger sur l’avancement ou la meilleure façon de procéder. Profitez-en pour offrir le café ! 

cafe

Oui oui, avec les petites fleurs, c’est important !

Pour aller plus loin

Vous pouvez lire les articles suivants sur le blog : 

Vous pouvez également prendre contact avec le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement près de chez vous pour obtenir des conseils gratuits sur votre projet : CAUE.

Ensuite, si ce n’est pas déjà fait, vous pouvez recevoir directement dans votre boite email le Petit Manuel du Robinson : la checklist pour transformer votre maison en un lieu plus écologique et plus sain

Pour cela c’est très simple, indiquez votre adresse email dans l’encadré ci-dessous et je vous l’enverrai immédiatement. 

Merci d’être arrivé-e jusque-là !

Bon courage pour votre projet et n’hésitez pas à laisser un commentaire ou à partager cet article si vous pensez que quelqu’un autour de vous sera intéressé !

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